C'est vous qui le dites

Elle chute à 10m de l'hôpital et est obligée d'appeler l'ambulance... Comprenez-vous cette règle ?

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04 mars 2020 à 12:04 - mise à jour 04 mars 2020 à 12:04Temps de lecture3 min
Par Sophie B.

Pour une dame qui a fait une chute à seulement dix mètres de l’hôpital de Mont-Godinne, il a fallu appeler une ambulance. C’est la procédure imposée si un incident survient à l’extérieur d’un hôpital. Vous comprenez le sens de cette règle ?

C’est La DH qui raconte ce matin la scène jugée surréaliste par les témoins d’une chute à Mont-Godinne. Hier, en fin de matinée, une dame âgée fait un malaise à seulement dix mètres de l’entrée, elle est blessée à la tête. Directement, une personne se rend dans l’hôpital pour demander une intervention mais on lui dit d’appeler une ambulance. C’est donc finalement le 112 qui est contacté pour prendre en charge la victime et la déposer quelques mètres plus loin. L’hôpital explique qu’il s’agit d’un protocole imposé sur tout le pays qui oblige à faire appel à une ambulance pour tout incident qui se produit en dehors des murs de l’hôpital.

Comprenez-vous le sens de cette règle ? C'est la question que l'on vous posait ce matin dans "C'est vous qui le dites".

Voici quelques moments forts de l'émission...

"C'est vrai que ça peut paraître aberrant mais je comprends cette procédure"

Les auditeurs nous ont donné leur avis à ce sujet... 

Du côté de Boussu, Isabelle, infirmière, cautionne cette procédure : "C'est vrai que ça peut paraître aberrant mais je comprends cette procédure. Dans l'hôpital dans lequel je travaille, j'ai vécu un cas similaire : un jour, en quittant mon travail, j'ai assisté à un accident à 50 mètres de l'hôpital : une jeune fille s'est fait renverser par une voiture. J'ai eu le même réflexe que le témoin de votre récit ; j'ai demandé à un patient d'aller chercher de l'aide à l'accueil et il est revenu en disant qu'il fallait appeler une ambulance. Il se fait que le service d'urgence est à l'opposé de l'entrée de l'hôpital et que pour des raisons pratiques et de timing, il faut appeler l'ambulance. Et je me suis rendue compte que c'était en fait bien plus pratique, plus sûr et plus facile ! La personne était également rassurée d'être prise en charge par l'ambulance plutôt que par les témoins présents sur le parking. Au moins, aucun risque n'a été pris."

L'expert du débat : "
L'expert du débat : " SCIENCE PHOTO LIBRARY - Getty Images/Science Photo Libra

"C'est la meilleure chose à faire : appeler une ambulance"

Nicole était à Mont-Godinne lorsque la dame dont nous parlons ce matin a chuté devant l'hôpital. De retour chez elle, à Havelange, elle témoigne : "Dans un premier temps, j'avais également envie de ramasser cette dame, elle était tombé juste devant la porte automatique ! Elle a en fait raté la marche et a chuté... Je suis allée vers elle, elle était consciente et je lui ai demandé de bouger ses pieds et ses jambes et son état était correct. Cependant, je comprends qu'on ait fait appel à l'ambulance, autrement il aurait fallu faire tout le tour de l'hôpital ! Donc je pense que c'était le mieux à faire. Surtout que si on l’avait aidée, relevée et déplacée et imaginons, si elle avait une fracture, on risquait gros..." 

L'expert du débat

L'expert du débat : "
L'expert du débat : " Phil Fisk - Getty Images/Cultura RF

Dr Feye, coordinateur des services d’urgence pour le CHU UCL Namur, est intervenu en tant qu'expert à ce sujet sur notre antenne :

"On considère que l'extérieur de l'hôpital, c'est la voie publique et les interventions urgentes sur la voie publique relèvent de l'aide médicale urgente et donc de l'appel au 112.

Il poursuit : "Dans ce cas particulier, il s’agit d'une patiente qui a fait une simple chute accidentelle et qui présente des douleurs au niveau des membres inférieurs donc il n'y a absolument aucun risque vital et aucune urgence à transporter cette patiente. Dans ce cas-ci, il y a aussi la question du confort ; arriver à l'extérieur avec du matériel qui est fait pour l'intra-hospitalier et des brancards qui ne sont pas faits pour l'extérieur puis repasser par l'accueil et les salles d'attente pour la transporter jusqu'aux urgences... au niveau confort et confidentiel, ce n'est pas vraiment l'idéal !"

Notre expert se veut cependant rassurant : "Il est évident qu'on s'adapte aux situations ! S'il y a urgence vitale devant l'hôpital, tout sera mis en place pour assurer l'intervention ! Dans ce cas-ci, ce qui pose question, c'est que la patiente est très proche de l'entrée de l'hôpital mais où met-on la limite ? Donc par essence, les procédures sont un peu rigides mais doivent exister et c'est le but des procédures : faire face à une situation imprévue ou urgente et face à laquelle n'importe qui puisse appliquer une procédure simple. Maintenant, si ça s'était passé dans l'hôpital, la procédure aurait encore été différente."

Nous vous invitons à poursuivre le débat sur notre page Facebook "C’est vous qui le dites" et vous donnons RDV du lundi au vendredi de 9h à 10h30 sur VivaCité et La Une pour trois nouveaux débats.

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