Élections: quand le cdH et Maxime Prévot jouent la carte de l'hologramme

Pour Maxime Prévot, il s’agissait de « prouver sa foi dans les nouvelles technologies »
06 avr. 2019 à 13:25 - mise à jour 06 avr. 2019 à 13:32Temps de lecture2 min
Par Paul Verdeau

Ce samedi midi, Maxime Prévot était à Bruxelles, mais aussi… à Namur. Du moins, c’est son sosie holographique qui s’exprimait dans la capitale wallonne, tandis que le vrai président du cdH était présent en chair et en os au congrès bruxellois de son parti, dans la Wild Gallery de Forest.

L’effet est saisissant : sur la scène de Namur Expo, c’est bien un clone de Maxime Prévot qui s’anime et s’exprime, dans un léger halo bleuté. Le tout sans écran visible, avec assez peu de mouvements mais qui donne l’illusion parfaite d’un président du cdH réellement présent.

Un politicien en hologramme, c’est une première en Belgique, mais pas dans le monde : on se souvient notamment que c’est ce petit détail high-tech qui avait pimenté la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon en France il y a deux ans. Le président du parti de gauche La France Insoumise s’était montré d’abord dans deux meetings simultanés, à Paris et à Lyon, puis dans six villes différentes !

Un travail d’illusion

D’habitude, l’holographie est plutôt réservée aux stars, et en particulier à celles qui sont… décédées. Ainsi, Michael Jackson, Claude François et Mike Brant ont été ressuscités sur scène, tout comme Maria Callas à Bozar en novembre dernier.

 

L'hologramme de Jean-Luc Mélenchon lors d'un de ses meetings à Nantes en avril 2017.
L'hologramme de Jean-Luc Mélenchon lors d'un de ses meetings à Nantes en avril 2017. JEAN-SEBASTIEN EVRARD - AFP

Mais au fait, comment ça marche ? Pour ce qui est du show de Maxime Prévot, c’est la société Never Push The Red Button qui s’est occupée de la technique. « On utilise une régie satellite classique et on la transforme en hologramme », explique Jérôme Lamy, project manager dans l’entreprise. Concrètement, il s’agit de jouer sur l’éclairage et habiller la scène pour parvenir à reconstituer une silhouette en 3D. « C’est assez artisanal, concède le technicien. C’est un peu un travail d’illusion, qui nécessite beaucoup de préparation avec la personne et de technique autour de la lumière. » En réalité, le terme d' « hologramme » est impropre, il s’agit plutôt d’un effet d’illusion d’optique : une toile en microfibres de carbone est mise perpendiculairement à la scène, et réagit aux longueurs d’onde des couleurs projetées.

Prouver sa foi dans les nouvelles technologies

Quant à Maxime Prévot, il avait des consignes claires : ne pas porter de noir (ainsi il était en chemise et veston), et faire attention à ses mouvements. « Ça dépend de la scène que l’on filme, précise Jérôme Lamy. Si c’est un chanteur, il y aura besoin d’une plus grande scène, pour les déplacements. Là, on lui a demandé de ne pas trop se déplacer. »

Pour Maxime Prévot, il s’agissait de « prouver sa foi dans les nouvelles technologies », comme il l’affirmait ce samedi au site spécialisé NewsMonkey, ainsi que de soutenir les PME belges, en commençant par Never Push The Red Button. Il s’agissait aussi, probablement, d’attirer l’œil des électeurs sur autre chose que les affaires qui secouent le cdH depuis plusieurs semaines. "Nous souhaitions être présents à Bruxelles et en Wallonie. Avoir un geste fort pour montrer notre attachement aux deux régions", le déclarait ainsi un porte-parole du cdH.

Les hologrammes : Une opportunité événementielle

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