Belgique

Duels de campagne: Rudi Vervoort (PS) - Joëlle Milquet (cdH)

Duels de campagne: Rudi Vervoort (PS) - Joëlle Milquet (cdH)
22 avr. 2014 à 06:44 - mise à jour 05 mai 2014 à 06:58Temps de lecture2 min
Par Grégoire Ryckmans

Dimanche, un congrès organisé par le député Laurent Louis a été interdit à Anderlecht. Il devait accueillir des figures françaises connues pour leur antisémitisme. En tant que ministre de l’Intérieur, Joëlle Milquet a justifié l’interdiction du bourgmestre, qu'elle estime légitime "à partir du moment où nous avions autant d’arguments, en matière d’ordre public, confortés par le Conseil d’Etat, liés aux personnalités invitées qui sont des antisémites notoires, aux risques de troubles de l’ordre public… C’est une belle victoire de la démocratie".

Pour Rudi Vervoort, "le phénomène n’est pas nouveau. En temps de crise, quand les identités s’entrechoquent, quand chacun cherche un coupable, on trouvera toujours des personnes qui instrumentalisent la haine de l’autre".

Joëlle Milquet se voit-elle ministre-président ?

La tête de liste cdH ne revendique rien mais "est prête à relever le défi bruxellois. Nous sommes à un moment-clé de l’histoire de notre pays, Bruxelles étant le ciment de l’Etat Belge. Elle est refinancée, elle a de nouvelles compétences. Nous avons cinq ans stables pour construire et continuer à lancer un nouveau grand projet. Je suis prête à être ministre-président si on m’en donne le signal".

Même son de cloche du côté de Rudi Vervoort. "C’est très clairement demain que les Bruxellois auront à prendre leur destin en main. Bruxelles vit une croissance permanente mais n’en bénéficie pas suffisamment. Il faut de l’ambition. Il faut porter de grands projets. Bruxelles rayonnera au-delà de ses frontières, mais aussi pour ses habitants".

Quel grand projet pour Bruxelles ?

Pour Joëlle Milquet, la priorité est d’ "écrire un projet avec toutes les forces vives socio-économiques, partagé par les 19 communes,… pour fédérer tout le monde derrière une seule stratégie. On a besoin de cohérence et d’avoir des objectifs. La priorité des priorités, c’est l’emploi. Il faut donc doper l’emploi et l’attraction économique, et prendre des mesures de mises à l’emploi".

Rudi Vervoort, actuel ministre-président, confirme : "Demain il va falloir placer la Région au centre de la dynamique. Avec la sixième réforme de l’Etat, les Régions ont plus leur destin entre les mains. C’est une autre dynamique".

Faut-il une identité bruxelloise ?

Pas pour Joëlle Milquet : "J’ai toujours détesté les trop grandes exaltations d’identité. Je tiens énormément à ce que l’on garde un lien Wallonie-Bruxelles important. Mais oui, il faut assumer le nouveau paysage avec un renforcement de la Région et oui, bien sûr, il y a des spécificités. Moi je ne suis pas pour la régionalisation de l’enseignement, mais par contre, il est évident qu’il y a toute une série de mesures complémentaires à prendre à Bruxelles : plus d’écoles d’immersion, etc".

Y a-t-il un risque de blocage de Bruxelles par la N-VA ?

Pour Rudi Vervoort, le risque n’est pas nul. "A Bruxelles, on a besoin d’une double majorité dans quelques cas. Donc il y a un risque que la N-VA soit inévitable mathématiquement. Il ne faut pas en faire un épouvantail, mais plus on en parle, plus on en fait un risque d’amener un vote antisystème".

Survol de Bruxelles : que changer ?

Pour Joëlle Milquet, il faut revoir le plan Wathelet. "C’est un sujet majeur. Il faut modifier le dernier aspect du plan qui ne va pas. Il faut tout remettre à plat et parler d’une seule voix avec tous les partis bruxellois".

 

J.C.

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