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Du maraudage au dépeçage, quand le menu larcin se mue en barbarie

Etienne et Marie-Ghislaine Degrève ont eu une de leurs bêtes dépecée dans la prairie où elle évoluait
18 août 2014 à 15:43Temps de lecture2 min
Par Vincent Clerin

Ces différents faits ne sont pas confinés dans un périmètre défini de la Province de Hainaut. La semaine dernière, c’est un cultivateur de Comines qui poussait une gueulante dans les colonnes du quotidien Nord-Eclair pour dénoncer les maraudages ciblés dont ses champs d’oignons avaient fait les frais.

Contacté par notre rédaction, Jean-François Bavay, installé à Jurbise et spécialisé depuis vingt ans dans la pomme de terre, fait le même constat que son collègue Cominois : à l’abri des regards, des indésirables visitent ses champs une fois la nuit tombée, tellement sûrs de leur impunité qu’ils se servent par brouettes entières, ce qu’attestent les traces laissées dans la terre. Ce sont 5 tonnes de tubercules qui sont ainsi annuellement subtilisés au Jurbisien.

Un massacre prémédité

A quelques kilomètres de là, nous sommes à Soignies, c’est un couple d’éleveurs, Marie-Ghislaine et Etienne Degrève qui a subi le préjudice le plus choquant. Leur exploitation est située à la chaussée Notre-Dame à Louvignies et leurs activités se partagent entre les vaches laitières et le Blanc-Bleu.

Le couple Degrève laisse une partie de ses bêtes en pâture dans une prairie de la route de la pierre bleue à Soignies. Il y a une quinzaine de jours, tôt le matin, un automobiliste qui se rend à son travail longe cette prairie et découvre un massacre: une des plus belles bêtes du couple, une Blanc-Bleu sur le point de vêler venait d’être tuée, décapitée et dépecée dans la prairie.

"Ils ont pris les fesses et les pattes arrières, une épaule, une patte avant, ils ont pris aussi les côtes" explique choquée Marie-Ghislaine qui constate qu’un tel acte n’a pu être posé par n’importe qui, pour elle, la manière dont les découpes ont été opérées est le fait d’un professionnel.

A qui profite le crime ?

A la question "à qui profite le crime ?", vu le "professionnalisme" du modus operandi, Marie-Ghislaine et son entourage avancent la possibilité d’un trafic de viande, une hypothèse renforcée par la survenance de plusieurs faits similaires au cours des mois précédents dans les communes avoisinantes.

Dans ce cas-ci, pour les Degrève, le préjudice est évalué à 3000€, une perte non couverte par les assurances et qui risque bien de rester à jamais impunie.

Laura Canducci s’est rendue à Louvignies et à Jurbise où elle a rencontré les préjudiciés. Ecoutez leurs témoignages ci-dessus.

Vincent Clérin

 

 

 

 

Marie-Christine et Etienne Degrève dont une des bêtes a été dépecée dans une prairie par des inconnus
Marie-Christine et Etienne Degrève dont une des bêtes a été dépecée dans une prairie par des inconnus Laura Canducci

Vols et dépeçage dans les champs

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