Double Shot

Double Shot : Blowing in the Wind

11 avr. 2022 à 14:45Temps de lecture4 min
Par Classic 21

En 1966 Stevie Wonder reprenait toutes les questions existentielles que se posait Dylan en 62, sans que celles-ci aient pris la moindre ride. Actuellement ces mêmes questions restent posées et les réponses sont toujours portées par le vent. Les questions rhétoriques de ce protest-song concernent la paix et la guerre, la liberté… Et si vous voulez en connaître le sens profond, je vous renvoie à l’excellente séquence "Coach 21" de l’ami Cyril Wilfart.

Stevie Wonder sortit sa version comme 3e plage de l’album "Up-Tight" sur le label Tamla de Motown, ce qui lui permit de faire un beau "crossover" dans le public blanc en atteignant le Top Ten du Billboard.

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Mais Stevie ne fut pas le premier à s’emparer de ce futur "classique", les premiers furent les membres du Chad Mitchell Trio, mais leur firme de disques un peu frileuse à cause du mot "death" apparaissant dans les paroles postposa la sortie et c’est ainsi qu’ils furent devancés par un autre trio, Peter, Paul and Mary, qui étaient représentés par le manager de Dylan, Albert Grossman. Le single (à trouver sur l’album "In the Wind") fut vendu à plus de 300.000 exemplaires dès la première semaine. Le 17 août 63, leur version atteignit le numéro 2 des charts pop du Billboard et passa 5 semaines au sommet des charts easy listening. Peter Yarrow, membre du trio, se souvient que, quand il avait annoncé à Dylan qu’il allait toucher 5000 dollars de droits d’auteur, l’équivalent de 42.000 dollars en 2020, celui-ci était resté sans voix (un comble pour un chanteur).

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Bobby Darin enregistra "Blowin' in the Wind" le 30 juillet, 1962, pour le mettre sur son album, "Golden Folk Hits", sorti lui aussi en 1963. Le morceau était arrangé par Walter Raim, avec Roger Mcguinn, Glen Campbell, James Burton et Phil Ochs, tous à la guitare et aux harmonies vocales. Sam Cooke, très impressionné par la chanson, l’intégra à son répertoire dès sa sortie. Une version se retrouve sur le mythique "Sam Cooke at the Copa". "Blowin' in the Wind" lui inspira d’ailleurs "A Change Is Gonna Come".

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Marianne Faithful reprit le morceau en 1964, tout comme les Hollies en 69 et Marlene Dietrich en fit une version allemande, "Die Antwort weiss ganz allein der Wind", mais il existe des versions dans énormément d’autres langues. Il faut dire qu’on mentionne quelques centaines de versions de cette chanson immortelle.

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Des artistes de tous genres firent leur propre version : comme Steve Alaimo, Jackie DeShannon, les Bee Gees, The Staple Singers, Johnny Tillotson, Lena Horne, Nina & Frederik, Odetta, Jerry Jackson, The New Seekers, Neil Young, Sweet Honey in the Rock, Joan Baez, Judy Collins, Elvis Presley, Janis Joplin, Chet Atkins, Marie Laforêt, Hughes Aufray, Richard Anthony, Graeme Allwright, Ziggy Marley, The Abyssinians, Ben Sidran, Me First and the Gimmes Gimmes, Stanley Turrentine, Katie Melua et quelques centaines d’autres.

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Quant à l’original de Bob Dylan, écrit le 9 juillet 1962 et sorti en single le 13 août 63, il figure sur son deuxième album, "The Freewheelin' Bob Dylan" et fut interprété pour la première fois live au The Gaslight Café, Greenwich Village. Il s’inspire du spiritual "No More Auction Block" interprété en 1960 par Odetta, le morceau était déjà connu par des esclaves échappés au Canada en 1833 sous le titre "Many Thousands Gone". Il se pourrait que Dylan ait été influencé par l’autobiographie de Woody Guthrie, "Bound for Glory", dans laquelle il compare sa sensibilité politique à des journaux emportés par le vent dans les rues et allées de New York City. Et comme Dylan connaissait fort bien l’œuvre de Guthrie…

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En 1994, la chanson entra dans le Grammy Award of Fame et en 2004 elle fut classée en 14e position de la célèbre liste des "500 Greatest Songs of All Time" établie par Rolling Stone.

"Blowin' in the Wind" est devenue un hymne du mouvement des droits civiques. Dans le documentaire de Martin Scorsese consacré à Dylan, "No Direction Home", Mavis Staples (des Staple Singers) exprime son étonnement suite à l’écoute de la chanson. Elle ne comprenait pas cette justesse des paroles venant de la part d’un jeune blanc qui arrivait à capturer avec une telle puissance toute la frustration et les aspirations du people noir.

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A l’origine, le morceau de Bob Dylan ne comportait que deux couplets. La première ligne de la chanson, "How many roads must a man walk down ?" est proposée comme la question ultime dans le roman de fiction de Douglas Adams, "The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy".

Dans le film "Forrest Gump" sorti en 1994, Jenny interprète la chanson dans son show dans un bar à strip-tease et on la présente comme étant "Bobbi Dylan". Le film comporte aussi la version live de Joan Baez de 1976, extraite de son album "From Every Stage".

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Pendant les manifestations contre la guerre en Irak, on aura remarqué la réutilisation du hit de Bob Dylan plutôt que la création de nouveaux protest-songs.

Le groupe hip-hop Public Enemy fait référence à ce "classique" dans sa chanson hommage à Dylan, "Long and Whining Road": "Tears of rage left a friend blowing in the wind / But time is God, been back for ten years, and black again".

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Pour les amateurs, voici ce que Bob Dylan lui-même disait de son morceau :

"There ain’t too much I can say about this song except that the answer is blowing in the wind. It ain’t in no book or movie or TV show or discussion group. Man, it’s in the wind — and it’s blowing in the wind. Too many of these hip people are telling me where the answer is but oh I won’t believe that. I still say it’s in the wind and just like a restless piece of paper it’s got to come down some… But the only trouble is that no one picks up the answer when it comes down so not too many people get to see and know… and then it flies away. I still say that some of the biggest criminals are those that turn their heads away when they see wrong and know it’s wrong. I’m only 21 years old and I know that there’s been too many wars… You people over 21, you’re older and smarter."

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