Cinéma - Belge

Documentaire : “New Pigs on the Block”, cochons de voisins

Ils s'appellent Luc, Mia et Anja, et ils font partie d'un projet social. La truffe dans les restes que les restaurants et ménages des alentours leur offrent, les trois protagonistes de "New Pigs on the Block" mènent une vie en apparence simple et dénuée de préoccupations. Ils sont aussi, si ce n'était pas clair, des cochons. C'est leur quotidien que le cinéaste Jimmy Kets s'était attaché à filmer pendant plusieurs mois, de jour comme de nuit. La caméra à leur hauteur, il a choisi de nous plonger dans leur vie en faisant abstraction du reste.

Manger, uriner, jouer, marcher, se reposer : autant d'activités porcines que le documentaire nous montre sans commentaire ou narration. Le long-métrage n'a d'yeux et d'oreilles que pour les cochons, filmés au plus près. Et si l'on met de côté les grouinements, les dialogues sont rares. Les seules voix humaines sont celles des personnes qui passent aux alentours, mais qui restent généralement hors-champ. L'accompagnement musical est quant à lui discret. Proposition cinématographique plutôt radicale, “New Pigs on the Block” joue sur le dénuement et sur l'épure.

Coïncidence : cette approche ressemble fortement à celle du documentaire "Gunda", sorti dans les salles belges l'année dernière. Réalisé par Victor Kossakovski, ce film en noir et blanc filmait la basse-cour et plus particulièrement les cochons à leur hauteur, avec une simplicité déconcertante. Difficile évidemment de ne pas comparer les deux œuvres, qui partagent des méthodes et des intentions similaires, mais font des choix esthétiques différents. Tandis que “Gunda” optait pour des images revêtant une certaine élégance visuelle, “New Pigs on the Block” cherche moins à faire valoir sa veine artistique.

Mais au-delà des considérations formelles qui différencient les deux projets, c'est le cadre qui les sépare. Point de basse-cour champêtre ici : les trois cochons côtoient les riverains dans un enclos délimité par un fil électrique, entre une voie ferrée et un petit parking. L'incongruité de leur présence donne aux premières scènes un côté amusant, mais dès que la première alarme de voiture retentit dans la nuit, réveillant nos protagonistes, le charme est rompu. Vus au travers du regard des trois cochons, les petits désagréments de la vie citadine deviennent vite agaçants, voire insupportables.

Impossible la cohabitation entre les deux espèces ? Sans aller jusque là, le film suggère en tout cas qu'il n'y a pas grand-chose d'idyllique dans les rapports entre cochons et êtres humains. Ce que confirme son inévitable conclusion, qui nous laisse observer avec effroi le funeste destin auquel étaient destinés dès le début de leur vie Luc, Mia et Anja.

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