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Detachment

11 sept. 2012 à 13:57Temps de lecture1 min
Par Geoffroy Klompkes

Une histoire de prof remplaçant dans une école à problèmes, aux Etats-Unis. Du déjà vu ? A priori oui, sauf que pas du tout.

Le retour du surprenant Tony Kaye. Un surprenant personnage, anglais, âgé de 60 ans, passé entre autres par la musique, le clip (Runaway Train pour Soul Asylum)  et la peinture, et qui n’a qu’un film à son actif, le très très fort American History X, en 1998, avec Edward Norton en skinhead. Detachment n’est pas tout à fait son deuxième film : il en a tourné un il y a 3 ans qui demeure inachevé en raison de problèmes de faillites.

Ca commence comme Esprits rebelles, ou plein d’autres films de ce genre, avec la classe super difficile, les profs de plus en plus désinvestis. Mais très vite, le récit dévie sur autre chose, avec le grand-père du prof remplaçant qui est mal en point à l’hôpital et une jeune prostituée qu’il tente d’aider en l’hébergeant.

Loin des canons hollywoodiens. Kaye fait les choses comme bon lui semble, met quelques séquences d’animation sommaire (des dessins à la craie sur un tableau qui s’animent), prend son temps, casse le rythme puis accélère, jusqu’à une fin qui, si on peut la sentir venir, nous cueille quand même. Il dit quelque chose sur la détresse et la solitude, sur l’exclusion et le désinvestissement (le détachement du titre, derrière lequel peut se réfugier le prof remplaçant), de manière plus douce que dans American History X mais pas forcément avec moins de violence sur le fond.

Un OVNI, comme on dit (oui, c’est une expression un peu cliché), un film sorti trop discrètement (même si, sur Pure FM, Hugues Dayez en avait dit le plus grand bien), à découvrir sans trop attendre.

Detachment de Tony Kaye. DVD. AFilm/Wild Bunch

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