Des écoutes téléphoniques vont-elles relancer l'enquête sur le Kazakhgate?

Kazakhgate : des écoutes téléphoniques apportent du neuf

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09 nov. 2017 à 12:28 - mise à jour 09 nov. 2017 à 16:34Temps de lecture2 min
Par RTBF

De nouveaux éléments apparaissent dans l'affaire du Kazakhgate. Le Soir et Le Vif ont mis la main sur des documents d'enquête, qui contredisent certaines déclarations, et montrent aussi l'implication de nouveaux acteurs dans ce dossier, dont l'homme d'affaire belge Pierre Salik.

Suspecté dans une autre affaire, ce magnat du textile belge a été mis sur écoute. Lors d'un appel à son avocat, il évoque le Kazakhgate et des noms jusqu'alors inconnus: "Il est clair qu'il y a l'intervention de la crapule""Il ne faut pas donner de renseignements sur ...euh... sur Françoise." "Il faut (une rencontre) avec Roger, le plus vite possible."

Mais pourquoi Pierre Salik parle-t-il du Kazakhgate ? En fait, il s’inquiète pour son amie, la princesse Léa de Belgique, citée dans ce dossier. Via sa fondation, elle a reçu 25.000 euros, qu’elle croyait venir de l’Ordre de Malte mais qui venaient en fait de l’avocate de Chodiev, à l’initiative semble-t-il d’Armand De Decker.

Zones d'ombre

Ces 25.000 euros ont été ensuite versés a une association, derrière laquelle se retrouve Jean-François Godbille, un autre personnage cité par Pierre Salik. L'homme était avocat général au moment de la transaction pénale qui permettra à Chodiev d'échapper à la justice.

Mais alors qu’il a toujours nié avoir un lien avec l’affaire, ou savoir d'où venait l'argent, d’autres documents montrent aujourd'hui qu’il n’aurait peut-être pas tout dit.

Ces révélations prouvent qu’il reste beaucoup de zones d’ombre dans cette affaire. Ecolo réclame de nouvelles auditions. Ils demandent de pouvoir réentendre Jean-François Godbille, d’entendre aussi la princesse Léa et éventuellement Pierre Salik.

Mise au point de Jean-François Godbille

Par communiqué, l'avocat de Jean-François Godbille souligne que ce dernier n'a pas eu accès aux pièces diffusées dans la presse, notamment les passages concernant les écoutes téléphoniques. Jean-François Godbille réfute l'affirmation selon laquelle il aurait reçu des informations de la part d'un membre du parquet fédéral. Rien ne permet de mettre en doute ce qu'il a affirmé devant la commission Kazakhgate, insiste-t-il, et aucune nouvelle audition n'est prévue pour l'entendre sur ces éléments.

"Est-il raisonnable de suspecter un homme d’avoir participé à un acte de corruption dans un dossier portant sur des millions d’euros, tout cela pour permettre à une association sans but lucratif de recevoir une somme totale de 25.000 euros ? Est-ce sérieusement, ce qui doit être déduit ou même imaginé sur la base de conversations entre un tiers et son avocat évoquant, dans des phrases peu compréhensibles, des "Françoise", "Roger", "la crapule" ou encore "le petit bonhomme". La seule fois que son nom est cité, c’est en lien avec la princesse Léa, ce qui est parfaitement cohérent avec ce qu’il a déjà expliqué" conclut l'avocat de Jean-François Godbille.