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Député britannique poignardé : l'enquête confiée aux services antiterroristes

Une photo de David Amess
15 oct. 2021 à 13:16 - mise à jour 15 oct. 2021 à 20:45Temps de lecture3 min
Par Alice Dulczewski et Anthony Roberfroid avec Agences

La police antiterroriste britannique a été chargée de l'enquête sur le meurtre du député conservateur David Amess, mortellement poignardé vendredi soir, un drame qui ravive au Royaume-Uni des questions sur la sécurité des élus.

Le parlementaire de 69 ans, membre du parti conservateur de Boris Johnson et ardent brexiter, a été poignardé à plusieurs reprises peu après midi (11H00 GMT). L'attaque s'est déroulée dans l'église méthodiste dans laquelle il recevait ses administrés pendant une permanence parlementaire à Leigh-on-Sea, à environ 60 km à l'est de Londres.

En dépit des efforts des services de secours arrivés sur place en quelques minutes, le parlementaire n'a pu être sauvé.

Un suspect arrêté

"L'enquête en est à ses débuts et est dirigée par des officiers de la direction antiterroriste", a déclaré le chef de la police locale Ben-Julian Harrington au cours d'un point de presse. 

Un suspect de 25 ans a été immédiatement arrêté sur les lieux, où un couteau a été retrouvé, puis a été placé en garde à vue, a-t-il poursuivi. "Il reviendra aux enquêteurs d'établir si c'était ou non un acte terroriste", a ajouté le chef de la police locale.

Ce meurtre a suscité une énorme émotion au Royaume-Uni.

Sujet de notre 13h du samedi 16 octobre :

L'église où s'est déroulée l'attaque.
L'église où s'est déroulée l'attaque. AFP

Les réactions politiques ont immédiatement afflué, dans un pays marqué par l'assassinat en pleine rue en 2016 de la députée europhile Jo Cox une semaine avant le référendum sur le Brexit par un sympathisant néo-nazi, une semaine avant le référendum sur le Brexit.

"Nouvelle horrible et profondément choquante", a tweeté le chef de l'opposition travailliste Keir Starmer, adressant ses pensées au député, ses proches et ses collaborateurs.

Le Premier ministre Boris Johnson a fait part de sa "tristesse" et de son "choc" dans une brève intervention télévisée.

C'est "un jour tragique pour notre démocratie", a tweeté l'ex-Première ministre conservatrice Theresa May. Les drapeaux ont été mis en berne au Parlement et à Downing Street.

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Dans un ouvrage paru en novembre l'an dernier dans lequel il évoquait le meurtre de Jo Cox, qu'il jugeait inconcevable au Royaume-Uni, David Amess avait estimé que les inquiétudes sur la sécurité des élus venaient "gâcher la tradition britannique" qui veut que "les gens puissent rencontrer leurs élus".

Un hommage ému lui a été rendu vendredi soir dans une église de Leigh-on-Sea en présence d'une centaine de personnes. Des fleurs ont aussi été déposées près de sa permanence parlementaire.

La ministre de l'Intérieur Priti Patel "a demandé à toutes les forces de police de revoir les dispositions de sécurité pour les députés avec effet immédiat", a fait savoir son porte-parole. Mme Patel a rencontré des représentants de la police et des agences de sécurité et de renseignement et s'est également entretenue avec le président de la Chambre des Communes, Lindsay Hoyle.

Se joignant aux hommages à l'égard d'un homme "dévoué à sa famille, au Parlement et à sa circonscription", fervent catholique et défenseur de la cause animale, Lindsay Hoyle a également annoncé un examen "dans les jours qui viennent" des mesures de sécurité concernant les parlementaires.

Les chiffres de la police traduisent une augmentation des actes de délinquance envers les parlementaires. En 2019, Scotland Yard avait évoqué une augmentation de 126% entre 2017 et 2018 et une hausse de 90% dans les quatre premiers mois de 2019.

Nombre d'élus avaient raconté avoir été l'objet de menaces de mort dans le contexte des âpres et interminables débats autour du Brexit.

La sécurité des élus en question

La fondation Jo Cox, a fait valoir que "tous les élus méritent d'être en sécurité". "Violence et injures contre eux sont inacceptables" et "mettent en danger les gens et leurs familles", ainsi que "la démocratie", a-t-elle souligné.

En 2010, le député travailliste Stephen Timms avait été poignardé à plusieurs reprises, mais s'était remis de ses blessures qui auraient pu lui coûter la vie. Sur Twitter, le député s'est dit "horrifié" par le meurtre de David Amess.

En janvier 2000, le député (libéral-démocrate) Nigel Jones avait été blessé et son assistant tué par un homme armé d'un sabre au cours d'une permanence parlementaire à Cheltenham, dans l'ouest de l'Angleterre.

Extrait du JT du 15/10/21

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