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Economie

Dell se renforce à son tour dans les services en achetant Perot Systems

21 sept. 2009 à 16:40Temps de lecture2 min
Par AFP

L'accord "définitif" annoncé lundi par les deux sociétés valorise la société fondée par l'ancien candidat à la Maison Blanche Ross Perot à 3,9 milliards de dollars, pour un chiffre d'affaires annuel de 2,8 milliards de dollars. A 30 dollars l'action, cela représente un bon d'environ 66% par rapport au cours de clôture de vendredi.

A l'issue de l'opération, qui devrait être finalisée d'ici à la fin janvier, Perot Systems deviendra la branche services de Dell, sous la direction de son directeur général actuel Peter Altabef.

En outre, Dell, le deuxième vendeur d'ordinateurs au monde et aux Etats-Unis derrière Hewlett-Packard, "envisage" d'accueillir au sein de son conseil d'administration Ross Perot junior, le fils du magnat texan qui a pris sa suite à la présidence du conseil d'administration de Perot Systems.

Cela faisait plusieurs mois que Dell, qui a subi de plein fouet la crise informatique, en raison notamment de son étroite dépendance envers le marché professionnel, laissait entendre qu'il envisageait d'accélérer sa croissance par le biais d'acquisition ou alliances.

Le matelas de 11,7 milliards de dollars de liquidités dont il disposait à la fin juillet lui donnait la capacité de cette ambition.

D'ailleurs l'agence financière Moody's n'a exprimé aucune inquiétude à l'annonce de l'acquisition de Perot Systems: "Nous pensons que l'opération va apporter à Dell des capacités importantes dans les services, et l'impact financier sera modeste vu que Perot ne représente que 5% de la taille de Dell", a-t-elle souligné dans un communiqué.

Néanmoins le marché circonspect faisait perdre au titre Dell 4,44% à 15,94 dollars à la mi-journée à la Bourse de New York. Celui de Perot Systems se rapprochait logiquement du prix offert par Dell, en hausse de 65,30% à 29,60 dollars.

L'analyste Douglas McIntyre, du site financier 247WallSt.com, jugeait la cible "surpayée", d'autant que selon lui "Perot perd du terrain", avec un chiffre d'affaires en déclin même dans son principal secteur d'activité, les services aux établissements médicaux, qui représentent près de la moitié de son activité.

Un analyste de la Barclays craignait que cette opération ne soit qu'à la première salve d'une fringale d'acquisitions pour Dell.

Cet analyste, Hale Holden, et M. McIntyre jugeaient toutefois que Dell n'avait d'autre choix que de s'engager dans cette tactique "défensive" pour rattraper du retard face à ses concurrents IBM et Hewlett-Packard.

Cela fait en effet plusieurs années qu'IBM a adopté une stratégie de revenus récurrents pour amortir l'impact des cycles d'équipements informatique.

Hewlett-Packard a également adopté une stratégie similaire l'an dernier en s'emparant de la société de services EDS, et le mois dernier le groupe avait indiqué que cette activité était devenue la plus importante du groupe.

Le fondateur et PDG de Dell, Michael Dell, qui a lancé une opération de restructuration et réductions d'effectifs devant se poursuivre jusqu'en 2011, a prévenu que la fusion s'accompagnerait de mesures d'économies, chiffrées à 300 millions de dollars sur deux ans. Il n'a pas chiffré le nombre d'éventuelles suppressions d'emploi à attendre.

L'opération rapproche deux sociétés implantées à 300 km de distance entre Dallas et Austin, avec d'un côté un fabricant informatique qui emploie près de 79.000 personnes et réalise un chiffre d'affaires qui a atteint 61,1 milliards de dollars durant les 12 mois achevés le 30 janvier dernier, et de l'autre une société de services de quelque 23.000 employés, avec quelque 2,8 milliards de dollars de chiffre d'affaires l'an dernier.

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