Belgique

Délestage électrique: contrer un risque persistant

Les acteurs sont sur la ligne et à chaque extrémité. Le consommateur peut aussi prendre ses responsabilités
23 oct. 2014 à 15:10Temps de lecture1 min
Par Carl Defoy

Le black-out : on vit un peu plus avec cette crainte depuis qu’on parle de délestage, autrement dit de coupures volontaires d’électricité pour éviter que le système d’approvisionnement ne s’écroule pour de bon. David Zenner, d’Elia, le gestionnaire du réseau haute tension, confirme que même si la centrale de Doel 4 redémarre avant décembre, il reste bel et bien envisagé de couper volontairement l’électricité cet hiver. Les pronostics évoquent entre 5 et 29 heures au total.

Produire plus... mais pas indéfiniment !

Un problème qui va s’amplifier chaque année si de nouveaux investissements en production ne sont pas faits. Francis Ghigny qui préside la Commission Wallonne pour l’énergie, la CWaPE, le rappelle : "Il n’y a pas de miracle, dit-il. La seule façon de durablement sortir de cette situation c’est d’augmenter durablement les capacités de production d’électricité sur notre territoire."

Et Frank Schoonacher, de EDF Luminus précise qu’il "n’existe pas de solution miracle. Donc on aura du renouvelable, du gaz, de la bio masse et un certain temps encore du nucléaire."

D'accord, mais financièrement ce sera quand même de plus en plus difficile, répliquent les opérateurs: le marché ne permet pas, selon eux, d’amortir tous les investissements.

En bout de chaîne, il reste de la marge

Ils suggèrent alors de ne pas négliger l’autre composante de la question électrique: le consommateur. Il peut, lui aussi, interagir. Par exemple, sur base volontaire.

Fernand Grifnée, Administrateur délégué d’ORES, gère les réseaux de distribution. Il parle des projets de compteurs intelligents qui mesureraient qui consomme, combien et à quel moment. Et les prix pourraient s'ajuster suivant ces variables. Ce qui permettrait de lisser la consommation électrique sur la journée en fonction des choix de chacun. L’idée est faire mieux coïncider production et consommation et d’éviter ainsi les pics de demande difficilement gérables.
Cette expérience a déjà commencé chez nos voisins français. Les électriciens invitent les députés wallons et fédéraux à y songer rapidement aussi avant que le délestage ne s’impose comme une pratique courante et le black-out, comme un risque permanent.

Carl Defoy

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