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Déchets radioactifs dangereux: les autorités suisses ont caché la vérité

Mise en garde sur le site contaminé d'une ancienne usine de radium, à Gif-sur-Yvette, près de Paris, en 2003
01 juin 2014 à 11:04Temps de lecture2 min
Par AFP

Ils affirment que les autorités locales, cantonales et fédérales sont informées depuis un an et demi mais ont décidé de ne rien dire pour ne pas affoler la population de cette ville de 50 000 habitants, situéee dans le canton de Berne.

Les déchets viennent d'une peinture utilisée par l'industrie horlogère pour faire briller les chiffres des montres et qui a été interdite pour sa dangerosité à partir de 1963. Ils ont été découverts au cours de travaux pour réaliser une bretelle d'autoroute.

"120 kg de déchets radioactifs ont été obtenus après triage, des débits de dose de plusieurs centaines de microsieverts ont pu être mesurés au contact des sources", a déclaré au Matin Dimanche le porte-parole de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), Daniel Dauwalder. Selon l'OFSP la probabilité que cela constitue une menace pour la population et la santé est jugée "faible".

La décharge avait été convertie en jardins ouvriers dans les années cinquante et ils ont été cultivés jusqu'en 2007. A certains endroits, des rayonnements de plus de 300 microsieverts par heure ont été mesurés, soit plus de cent fois ce qui est autorisé pour une décharge, indiquent les quotidiens.

Trois heures auprès de cette source suffisent pour recevoir autant de radiations que celles tolérées pendant un an pour une personne.

Le journal allémanique précise que l'OFSP a assuré qu'avec des valeurs allant jusqu'à 2 millions de becquerels par kilogramme, les risques pour la population et l'environnement sont "infimes".

Toutefois la SonntagsZeitung relève que des recherches sur les eaux souterraines ne seront lancées qu'en juillet prochain.

Les diverses autorités se renvoient la responsabilité de l'absence d'information publique sur cet incident, pour le canton c'était à l'OFSP de communiquer, alors que l'Office estime qu'il revenait à la municipalité d'informer les habitants.

Le président de la Commission fédérale de protection contre les radiations et de surveillance de la radioactivité (CPR), qui n'avait pas non plus été informée, estime qu'une "erreur" a été commise par ces diverses autorités. "Tout finit par nous rattraper et il est beaucoup plus difficile de rester crédible et de récupérer la confiance de la population", a déclaré au Matin le professeur François Bochud.

AFP