Dans l'attente du résultats des régionales en Russie, l'opposition crie à la fraude

Le principal opposant au pouvoir russe Alexeï Navalny
13 sept. 2015 à 21:26 - mise à jour 14 sept. 2015 à 12:40Temps de lecture2 min
Par AFP

Une partie de la Russie se rendait aux urnes ce dimanche pour des élections régionales dans 42 des 85 régions administratives du pays. Elles devaient permettre d'élire 21 gouverneurs, 11 parlements régionaux et 23 administrations municipales.

Les résultats sont attendus dans la journée. Dimitri Medevedev, le Premier ministre, affirme que les chiffres sont très bons pour le parti pro-Kremlin. Mais l'opposition crie à la fraude.

Les résultats devraient être annoncés officiellement lundi, mais le parti d'opposition Parnas, codirigé par le principal opposant au pouvoir russe Alexeï Navalny et l'ancien Premier ministre Kassianov, les a déjà qualifiés de "faussés".

Fraudes massives

Si le parti d'opposition modéré Iabloko a pu présenter 1500 candidats à travers la Russie - mais un seul pour briguer un poste de gouverneur -, le parti Parnas d'Alexeï Navalny et Kassianov n'a pu à pu présenter que deux candidats, à Kostroma dans le centre du pays, les commissions électorales ayant refusé d'enregistrer les autres.

Alexeï Navalny a affirmé dans la soirée que selon des sondages de sortie des urnes menés par son parti, celui-ci avait obtenu 6% des suffrages à Kostroma, assez pour faire entrer un député à l'assemblée locale.

"Nous essayons de défendre nos résultats", a-t-il déclaré à l'AFP. "En Russie c'est comme ça : aujourd'hui les sondages montrent 6%, mais demain nous pouvons nous réveiller avec 1%", a-t-il ajouté.

"Pendant toute la journée des élections, des fraudes massives ont eu lieu", avait auparavant affirmé Kassianov sur le réseau social Twitter.

Intervention de la police

La tension est montée d'un cran à Kostroma lorsqu'une petite cinquantaine de policiers sont entrés dans les locaux d'Open Elections, une branche du mouvement d'opposition Open Russia, fondé par l'ancien oligarque et dissident Mikhaïl Khodorkovski.

Les militants d'Open Elections, dont la mission est de surveiller le bon déroulement du scrutin, ont affirmé avoir été enfermés dans leurs propres locaux et avoir vu un homme armé.

Le parti Parnas a déclaré un peu plus tôt avoir porté plainte pour 20 cas de fraudes à Kostroma, dont la population vote à la fois pour élire son gouverneur, le parlement régional et l'administration municipale.

Dimanche soir, l'ONG Golos, qui surveille les élections en Russie, dénombrait près de 1600 cas de fraudes à travers le pays. La commission électorale nationale annonçait avoir reçu 60 plaintes.

La campagne électorale des deux candidats de Parnas à Kostroma aura été difficile: l'un d'eux a été brièvement interpellé et un militant a été frappé lors d'un rassemblement.

Les candidats de Parnas ont également été accusés de servir les intérêts des Etats-Unis dans un reportage diffusé par une chaîne de télévision locale.

Tout comme le parti d'opposition libérale Iabloko, le parti Parnas avait peu de chances de remporter le scrutin: le parti au pouvoir Russie Unie était crédité de 44% des votes à Kostroma, contre 1% pour chacun des deux partis d'opposition, selon un sondage de l'institut VTsIOM publié lundi.