Crise au Soudan: accord entre militaires et contestataires sur une déclaration constitutionnelle

Crise au Soudan - Accord entre militaires et contestataires sur une déclaration constitutionnelle
03 août 2019 à 05:24 - mise à jour 03 août 2019 à 05:24Temps de lecture1 min
Par Belga

Le Conseil militaire qui dirige le Soudan et les leaders de la contestation sont parvenus à un accord sur une déclaration constitutionnelle qui ouvre la voie à un transfert du pouvoir aux civils, a annoncé samedi le médiateur de l'Union africaine, Mohamed El Hacen Lebatt.

Peu après cette annonce, une foule s'est rassemblée à l'extérieur de la salle de négociation à Khartoum en brandissant des drapeaux soudanais aux cris de "civils, civils", a rapporté un correspondant de l'AFP. Des femmes lançaient des youyous et un concert de klaxons retentissait dans les rues de la capitale.

"Nous voulons un Etat civil qui nous obtienne une juste réparation pour les meurtres de nos enfants", a déclaré à l'AFP une manifestante, Somaiya Sadeq.

L'accord, qui sera signé au cours d'une cérémonie, est intervenu après deux jours de pourparlers à Khartoum sur la transition politique au Soudan entre l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, et le Conseil militaire mis en place après la chute du président Omar el-Béchir le 11 avril.

Un premier accord survenu en juillet 

Au terme de très difficiles négociations, les deux camps s'étaient déjà mis d'accord début juillet sur la création d'un Conseil souverain composé de cinq militaires et six civils chargé de mener la transition pendant un peu plus de trois ans.

Les points encore en suspens portaient sur les pouvoirs de ce Conseil souverain, sur le déploiement des forces de sécurité et l'immunité de généraux impliqués dans la répression de la contestation, notamment la dispersion meurtrière du sit-in devant l'armée le 3 juin à Khartoum.

Au moins 127 manifestants avaient alors été tués, selon le comité de médecins proches de la contestation. Une enquête officielle a conclu à l'implication de membres des redoutées Forces de soutien rapide (RSF), lesquelles ont nié toute responsabilité et dénoncé une manipulation.

 

 

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