36, quai des orfèvres

Crime : Marie Besnard, l’empoisonneuse de Loudun ? (épisode 10)

Un crime, une histoire : 36, Quai des Orfèvres

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12 août 2022 à 13:00Temps de lecture3 min
Par La Première RTBF

Au cœur de Paris, sur l’île de la Cité, se trouve l’une des plus célèbres adresses de l’histoire de la police. Elle a vu défiler les plus grands criminels, elle a vu travailler les plus grands enquêteurs : le "36, Quai des Orfèvres". À Paris et au-delà, dans la France entière, Jean-Louis Lahaye vous fait revivre les plus grandes affaires criminelles des 19e et 20e siècles, dans leur époque.

Episode 10 : l’empoisonneuse de Loudun (1947)

Photo prise lors du second procès de Marie Besnard à Bordeaux en 1954
Photo prise lors du second procès de Marie Besnard à Bordeaux en 1954 1954 Keystone-France

Loudun – Ouest de la France, 1947. La province, la vraie. Ou celle qu’on se représente. Celle où les rumeurs vont bon train, où les querelles entre les familles et les querelles de voisinage se transmettent de génération en génération, où l’on murmure, où l’on cancane. Celle où la mémoire collective fait doucement son travail, au fil du temps.

À Loudun, on a tellement l’habitude d’entendre ronronner les rumeurs que quand une certaine Louise Pintou va faire part de ses doutes au médecin du village, ce dernier n’y accorde qu’une attention distraite… Les dénonciations et les calomnies, il ne les compte plus. De quoi s’agit-il encore, cette fois-ci ?

Louise Pintou accuse sa voisine, une certaine Marie Besnard d’avoir empoisonné son mari, Léon Besnard. Avant de mourir, alors qu’elle le veillait, Léon lui a dit que sa femme avait mis quelque chose dans sa soupe.

L’affaire aurait pu en rester là, mais Louise est bien déterminée à faire entendre sa voix. Cette Marie Besnard, elle s’en méfie. Comme tout le monde, à Loudun. Peut-être parce qu’elle vient d’ailleurs. Qu’elle n’est pas d’ici. Louise va rendre visite à l’une de ses connaissances, Auguste Massip, un vieil ami qui a l’oreille plus attentive que le médecin. Et qui a la manie de dénoncer tout ce qu’il peut. L’affaire est donc finalement portée à la connaissance de la justice, et l’enquête est confiée à la police judiciaire, comme nous l’explique Jérôme de Brouwer, historien du droit et de la justice à l’ULB :

Le dossier est confié à la Brigade mobile de Limoges, la 20e brigade. C’est l’inspecteur Normand qui va mener les premiers devoirs d’enquête à Loudun. Il est envoyé à Loudun à la demande du juge d’instruction de Poitiers. Ses investigations vont s’appuyer sur ces rumeurs qui entourent Marie Besnard. Ces rumeurs et sa persévérance lui permettent de mettre au jour de nouveaux éléments, et de découvrir d’autres morts suspectes, auxquelles Marie Besnard n’est peut-être pas étrangère. Le juge d’instruction de Poitiers, à la suite de l’enquête confiée à la Brigade mobile de Limoges, ordonne l’exhumation de 11 corps, les corps de parents et de proches de Léon et Marie Besnard, qui pourraient avoir été empoisonnés.

Des prélèvements sont faits sur les corps qui ont été exhumés et sont envoyés à Marseille, dans le service du docteur Béroud, un expert en toxicologie. Il remarque une quantité anormale d’arsenic. Et sur les autres corps ? Également. Est-ce là l’œuvre macabre de Marie Besnard ? Ses avocats vont s’employer à mettre en doute l’expertise. Ils vont faire intervenir d’autres experts. La présence d’arsenic dans les restes qui ont été exhumés à Loudun ne peut-elle pas s’expliquer par une autre cause ? Et si Marie Besnard était innocente ? Et si elle n’était que la victime des rumeurs et de la jalousie des habitants de Loudun ? Ce n’est pas la première fois qu’une expertise toxicologique livre des résultats contestables, et que le doute persiste, particulièrement avec l’arsenic :

Les historiens du droit et de la justice connaissent bien l’affaire Lafarge. Marie Cappelle aurait, en 1840, empoisonné son mari, Charles Lafarge, à l’arsenic. Elle est condamnée aux travaux forcés à perpétuité par la cour d’assises de Tulle, en Corrèze. Ici aussi, la présence d’arsenic dans le corps de la victime, révélée par l’un des experts, ne lève pas tous les doutes. Aujourd’hui encore, la culpabilité de Marie Lafarge fait l’objet de questionnements. D’aucuns y voient une erreur judiciaire…

Et Marie Besnard ? Est-ce que les expertises toxicologiques vont conduire les jurés à la déclarer coupable ? Est-ce que la présence d’arsenic dans les restes de Léon Besnard, et dans les restes des parents et des proches qui ont été exhumés suffira-t-elle à les convaincre de sa culpabilité ?


Un crime, une histoire : 36, Quai des Orfèvres, c'est 10 épisodes en diffusion hebdomadaire, le dimanche de 18h00 à 19h00 dès le 4 juillet et en diffusion quotidienne du 16 au 27 août de 12h00 à 13h00.

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