"Crash de Pukhet" : douze ans après l'accident un procès s'ouvre à Paris

Judiciaire à Paris : l'ouverture du procès du crash de Pukhet douze ans après la catastrophe
23 juin 2019 à 13:00Temps de lecture2 min
Par Patrick Michalle avec AFP

C'était le 16 septembre 2007, le Boeing MDD82 en provenance de Bangkok s'était écrasé à l'atterrissage sur l'aéroport de Phuket. Bourrasques de vent et pluie, les conditions météos étaient particulièrement mauvaises mais elles ne sont pas à l'origine de l'accident. Le crash avait fait 90 morts, dont 57 étrangers (Français, Britanniques, Israéliens principalement). Un seul des dix passagers français a survécu.

La mise en cause en cause des deux compagnies locales 

Le rapport d'accident de la Direction de l'aviation civile thaïlandaise a conclu à des erreurs de pilotage du commandant de bord et de son copilote. Il a aussi mis en évidence les manquements de la compagnie "One-Two-Go", des manquements mis en relation avec les causes de l’accident.  

Dans leur rapport, les experts indiquent que "les limitations liées au temps de vol et aux temps de repos des deux pilotes n'ayant pas été respectées, l'équipage a accumulé du stress, souffrait d'un manque de repos et de fatigue. Lorsqu'ils se sont retrouvés dans une situation critique en conditions météorologiques dégradées, ils n'ont su réagir efficacement".

Multiples dysfonctionnements révélés par l'enquête

Le procès qui s’ouvre à Paris douze ans après la catastrophe devrait permettre aussi la mise en évidence de nombreux dysfonctionnements dans le recrutement, la formation et les rythmes de travail des pilotes, ainsi que dans la maintenance des appareils. 

Les horaires à rallonge étaient pratique courante, compensés par des primes en espèces, a notamment affirmé un ancien pilote aux enquêteurs.

Pointant une "culture d'entreprise criminelle" et de "graves manquements aux règles les plus élémentaires de sécurité", il a raconté avoir été embauché "de manière informelle" dans un café, sans entretien sur ses compétences ni test sur simulateur de vol, ou encore que des pannes déclarées réparées ne l'étaient pas en réalité.

Le procès des compagnies qui ne respectent pas la sécurité

Parmi les parties civiles au procès, Gérard Bembaron, un des plaignants qui a perdu son frère dans la catastrophe : "Nous voulons rappeler cet accident oublié et que les familles soient reconnues comme victimes de cet accident. Ce n'était pas une fatalité, il était annoncé, il était inévitable compte-tenu du fonctionnement de cette compagnie".

Pour l'avocat des parties civiles Alain Jakubowicz, "ce procès reste essentiel parce qu'il pose le problème du fonctionnement de certaines compagnies, locales notamment, qui ne respectent aucune règle de sécurité" pour privilégier la rentabilité économique.

Les deux compagnies, One-Two-Go et sa maison mère Orient Thai, ont depuis les faits cessé d'opérer dans le pays.