Coronavirus

Covid-19 : un contact tracing étendu est plus efficace, la preuve par la pratique de la KULeuven

07 oct. 2021 à 05:00 - mise à jour 07 oct. 2021 à 10:10Temps de lecture2 min
Par Johanne Montay

"Testing et tracing", ces deux anglicismes vous rappellent quelque chose : ce que nous avons vécu durant les mois les plus intenses de la pandémie de Covid-19. Un contact à haut risque ? Des symptômes ? Les équipes de "testing et tracing" vous appelaient, pour tenter d’enrayer la chaîne de transmission, connaître vos contacts récents sur les derniers jours, les contacter ensuite, et vous demander de vous mettre en quarantaine ou en isolement. Mais ce suivi de contacts mené par l’AVIQ pour la Wallonie, la Cocom pour Bruxelles et les communautés flamande et germanophone était-il suffisamment étendu ? Quelles leçons tirer de l’expérience ?

A la lecture d’une publication en preprint des équipes de la KULeuven, pilotée par le microbiologiste Emmanuel André, on peut s’interroger sur une méthode plus efficace, sans être pour autant plus coûteuse en tests.

En effet, sur le campus de l’université flamande de Louvain, une stratégie plus étendue de testing et tracing a été menée dès septembre 2020. Elle a été étudiée et analysée sur la période allant de février à mai 2021. Etendue, parce qu’au lieu de remonter les contacts d’une personne durant seulement deux jours avant les symptômes, comme le veut la pratique standard, l’équipe louvaniste l’a fait sur les 7 jours qui précèdent les symptômes ou le diagnostic.

Bonus : 42% de positifs

Les résultats sont interpellants : avec cette méthode de traçage en amont étendue, le nombre de contacts identifiés a augmenté de 49,2% et le nombre de positifs, de 42%.

Au total, 14.917 étudiants ont subi un test PCR au centre de testing de l’université. Parmi eux, 659 cas "index" positifs ont été inclus dans l’étude. La grande majorité était symptomatique (72,5%). Grâce au traçage en amont de ces cas, 2403 cas contacts ont été recensés.


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Pour comparer l’approche classique (avec une fenêtre de remontée des contacts sur deux jours avant le test ou les symptômes) et l’approche étendue (remonter les contacts sur 7 jours), ces cas contacts ont été divisés en deux cohortes (1610 individus dans le groupe "standard" et 798 dans le groupe "étendu"). Un groupe contrôle a également été constitué, avec 1461 étudiants symptomatiques qui fréquentaient le centre de testing pour la première fois.

C’est ainsi que l’équipe de recherche a pu constater l’efficacité supérieure de la méthode de recherches de contacts étendue : dans ce groupe-là, ils ont donc pu identifier 49,2% de contacts à risque en plus, et 42% de cas supplémentaires, par rapport au groupe "standard". Le risque d’infection était significativement plus élevé dans le groupe pour lequel on remontait les contacts sur 7 jours, que dans le groupe contrôle (14,6%, contre 6,5%).

Les leçons à tirer

De quoi s’interroger sur les adaptations à apporter à la stratégie de testing des autorités publiques ? Comme l’explique le microbiologiste Emmanuel André, coauteur de l’étude, "c’est un tracing qui est limité uniquement aux deux/trois jours juste avant l’apparition des symptômes ou du test positif. Et c’est là que les études qui modélisaient le risque et la gestion de la transmission nous disaient qu’il fallait aller plus loin… Et donc, cette étude est vraiment une première étude au niveau international qui montre l’efficacité et l’utilité d’aller beaucoup plus loin dans le tracing et dans les critères pour inclure les personnes qui devraient bénéficier d’un test. Et, très important aussi : ça n’augmente pas la consommation de tests mais par contre, ça contrôle nettement mieux l’épidémie."

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