Belgique

Coronavirus: « Relancer la Belgique », un scénario de déconfinement encore à confirmer

Déconfinement : les recommandations des experts

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

22 avr. 2020 à 12:16 - mise à jour 22 avr. 2020 à 13:49Temps de lecture4 min
Par Himad Messoudi

C’est Le Soir qui a dégainé une première version du rapport du groupe d’experts (le GEES) chargés de mettre en place une stratégie de déconfinement. Comme l’écrit le journal, sur la base d’un document dont on nous affirme qu’il date du samedi 18 avril, il est recommandé une reprise partielle et graduelle de l’économie, de la mobilité et de l’enseignement. Comme nous l’écrivions lors de la prolongation des mesures de confinement, le déconfinement se fera à petits pas, au mois de mai. Nous avons également pu consulter une version plus récente de ce document, daté de ce lundi 20 avril et dont le titre est "Restarting Belgium", relancer la Belgique.

Une question de principe

Le document commence par deux courbes qui se croisent : en bleu l’occupation des hôpitaux, en rouge le nombre de tests, la recherche des contacts la prévention. Plus les hôpitaux se vident, plus les tests et les mesures de prévention (masques, hygiène) augmentent, selon plusieurs phases. Trois principes doivent guider l’action des autorités dans le processus de relance de notre pays : elle doit être phasée, équilibrée et conditionnelle. Phasée car il faudra tenir à l’œil les données hospitalières, équilibrée entre les enjeux de santé publique, l’économie, l’enseignement. Enfin conditionnelle : il faut une évolution positive d’ici au 4 mai et par la suite, il faudra veiller à renforcer les mesures d’hygiène, augmenter drastiquement le nombre de tests, etc. Ces principes ne changeront pas, sans aucun doute. Ils guideront la réflexion tant des experts du GESS que celle du CNS.

Reprise économique en douceur le 4 mai

L’idée circulait lors du précédent conseil national de sécurité : rouvrir tous les commerces "non-food" dès le 4 mai. Le GEES ne reprend pas, cette idée à son compte, mais, pour le moment, recommande, dans ce qu’il appelle la "phase 1", une réouverture très ciblée des magasins de construction ou de vélo, ceux vendant du matériel utile à la fabrication de masques. Par ailleurs, le GEES conseille des reprises de travail dans tous les secteurs industriels, si les mesures de protections sont respectées : la distanciation sociale ou le port du masque s’il n’est pas possible de respecter les distances.

A côté du secteur économique, certains loisirs pourraient reprendre, toujours à la date du 4 mai : une soirée, le week-end, chez des proches (maximum 10 personnes, toujours les mêmes), certains sports se jouant à deux sans contact (tennis, kayak, golf, pêche, etc.). Les entrainements en club pourraient également reprendre. Les autorités locales peuvent décider de rouvrir les parcs. Les funérailles sont limitées à 15 personnes.

Il est probable que ce scénario voit le jour à partir du 4 mai. La décision sera prise ce vendredi, lors d’un Conseil national de sécurité.


►►► À lire aussi : Toutes les infos sur le coronavirus


Rentrée à l’école partielle le 18 mai ?

Le 18 mai, tous les magasins pourraient rouvrir, sauf l’horeca. C’est la "phase 2". Surtout, c’est le retour en classes, un retour partiel, pour les primaires et les secondaires. En primaire, les classes prioritaires seront les 6e, les 1re et les 5e. Dans le secondaire, priorité aux 6e, aux 7e professionnelles. Les maternelles et les études supérieurs garderont portes clauses. L’enseignement à distance continue.

Ce scénario est encore très hypothétique : selon nos informations, il y a désaccord politique entre le nord et le sud du pays concernant la réouverture des écoles. La VRT annonce, ce midi, un accord entre le ministre de l’Enseignement flamand, le N-VA Ben Weyts et les enseignants, pour une réouverture partielle le vendredi 15 mai. Les francophones pourraient-ils suivre ?

Il faudra respecter des conditions pour déconfiner

La fin du document est intéressante (et elle ne risque pas de changer) : pour enclencher la phase 1 et la phase 2, il faut que le nombre de tests augmente, que l’enquête sur les contacts des personnes infectées soit opérationnelle (avec 1000 équivalents temps plein) et que l’épidémie soit "sous contrôle". Ainsi, nous devrons nous trouver en "safe space" pour débuter le déconfinement : c’est-à-dire que tous les jours, les hospitalisations doivent baisser (en moyenne, sur 7 jours).

Autre élément qui n’évoluera pas : la question du transport. Il est question de rendre obligatoire le port du masque, en complément de la distanciation sociale, c’est la demande des prestataires de service. La situation risque d’être particulièrement tendue à Bruxelles.

Notons enfin, que le GEES a fait ses comptes : actuellement, 1,5 million de personnes travaillent, 1,3 million télétravaillent et 2 millions sont temporairement inoccupés. Au 18 mai, si les propositions provisoires sont confirmées, pas loin d’un million de personnes reprendront physiquement leur emploi. Le GEES prévoit quasi 2 millions de télétravailleurs dans la phase 2. Il n’y aurait plus que 500.000 personnes temporairement inoccupées à partir du 18 mai.

La suite, le "retour à la normale", avec le retour de l'horeca ou des activités culturelles par exemple, n'est pas encore rédigé. Il faudra attendre que les premières phases se passent "bien".

Conclusion

Les éléments présentés ci-dessus sont très, très hypothétiques. Dans ce document, les experts n’ont pas finalisé leurs recommandations. Ce que nous vous présentons est une série d’hypothèses, de scénarios, dont le politique devra s’emparer. Surtout, les experts insistent sur le nécessaire respect d’une série d’éléments (hospitalisations, masques, etc.) pour passer à la phase suivante. Ce vendredi, le Conseil national de sécurité décidera. D’ici là, prudence et patience.