Coronavirus en Belgique : les ouvriers plus touchés économiquement par la crise que les employés

Les résultats d’une enquête menée par le prestataire de services RH SD Worx sur le travail en Belgique, indiquent que les ouvriers sont davantage victimes des conséquences économiques de la crise du coronavirus que les employés.

Cette enquête, qui se base sur des données qui concernent au moins un million de personnes en Belgique, révèle que les ouvriers sont plus impactés que les employés au niveau du taux d’activité.


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Depuis février, le taux d’activité moyen en Belgique a fortement chuté sous l’influence de la crise du coronavirus, passant de 84% à 60%. Chez les employés, ce taux a dégringolé de 85% en février à 66% en avril. Chez les ouvriers, le recul est le plus marqué, de 81% à 49%. Une différence notable.

Les travailleurs qui ont un statut d’ouvrier ont donc presté globalement moins de jours de travail que leurs homologues employés et ont donc logiquement fait plus appel au chômage temporaire depuis le début de la crise.

Une dégradation graduelle du nombre de jours prestés

Une dégradation globale du nombre de jours de travail prestés qui s’est accentuée mois après mois.

En avril, la baisse du nombre de jours prestés était deux fois plus importante pour les ouvriers que pour les employés.

Dans son enquête, SD Worx détaille ses chiffres pour les mois de mars et avril de cette année. "En mars, le pourcentage de jours ouvrés par rapport à l’année précédente accusait une baisse de 20% pour les ouvriers et de 6% pour les employés. En avril, cette baisse respective atteignait 36% et 18%". En avril, la baisse du nombre de jours prestés était donc deux fois plus importante pour les ouvriers que pour les employés.

Cette diminution du nombre de jours prestés sur le mois s’explique par une hausse du chômage temporaire : "Le chômage temporaire en a été la cause principale, avec une hausse moyenne à 22% en avril. Pour les ouvriers, ce chiffre est passé à pas moins de 15%, avant de doubler encore en avril (33%)".

Comment expliquer ces chiffres ?

Si le ralentissement de l’activité économique se traduit logiquement par une baisse du nombre de jours de travail prestés comment peut-on expliquer cette différence notable d’activité entre ouvriers et employés en cette période de crise ? Tout simplement par la difficulté ou l’impossibilité à mettre en place le télétravail pour certaines professions, indique Valérie t’Serstevens Sr. Legal Consultant chez SD Worx.

"Dans les secteurs et les entreprises qui comptent de nombreux employés, le télétravail est sans aucun doute un facteur positif important. Parmi les employés, le taux d’activité au mois d’avril chute d’environ un cinquième (18%) par rapport à l’année dernière. Pour les ouvriers, cette différence s’élève environ au double, à savoir 40%".

Conséquence de cette impossibilité de pratiquer leurs activités professionnelles à distance, les ouvriers se retrouvent donc actuellement plus souvent en chômage temporaire. Ce sont donc eux qui, avec les indépendants, essuient en plus grand nombre des pertes de revenus… alors que leurs salaires sont déjà généralement inférieurs à ceux des employés.

La relance n’est pas encore d’actualité

Autre point abordé par l’enquête, l’état de la "relance" économique amorcée avec des mesures progressives de déconfinement et des aides publiques. Si l’étude pointe des disparités géographiques avec la Flandre-Orientale et Bruxelles, qui semblent le mieux résister à la crise, elle indique également qu’il n’y a pas encore un réel signe de reprise. Ceci n'a rien d'étonnant, les chiffres traités datent du mois d'avril. 

"La relance n’est pas encore d’actualité, à l’exception des entreprises alimentaires, où le moteur n’est pas tombé à l’arrêt. Au mois d’avril, il est trop tôt pour observer une relance, à l’exception des entreprises de garage, des services aux entreprises et de l’industrie des métaux non ferreux après les vacances de Pâques. Les entreprises de jardinage, de conserves de légumes et de surgelés enregistrent aussi de meilleurs résultats en avril qu’en mars", précise Valérie t’Serstevens.

SD Worx qui a mené l’étude indique qu’elle se base sur les données salariales de près d’un million de travailleurs belges, dont un tiers d’ouvriers et deux tiers d’employés, actifs dans divers secteurs et entreprises de tailles différentes. "Ces résultats révèlent une tendance claire chez les employeurs du secteur privé", indique la société.

La question de l'impact du confinement sur l'économie des ménages, dans notre JT 13h de ce vendredi:

Finances des ménages / L¿impact négatif du covid-19

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