Coronavirus à l’université : "Je suis tout à fait convaincu des capacités d’adaptation des étudiants", assure le recteur de Liège

A quelques semaines de la première session des examens universitaires, le sujet continue de faire débat. Peut-on vraiment organiser des examens en présentiel (alors que l’enseignement s’est fait à distance jusqu’ici) sans prendre des risques au niveau sanitaire ? Pour les étudiants comme pour plusieurs facultés, c’est inquiétant.

Pierre Wolper, recteur de l’université de Liège, se veut rassurant pourtant : "c’est logique dans la mesure où nous voulons assurer des examens de qualité et des examens équitables, affirmait-il au micro de Matin Première ce mardi. Le risque est tout à fait maîtrisé." Selon lui, les conditions sanitaires seront très strictes, avec des salles largement sous-exploitées, pour assurer une bonne distanciation, des masques chirurgicaux et des mesures de désinfection.


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Si un étudiant est malade ou en quarantaine, il ne pourra donc pas passer l’examen. On imagine que pour certains, le choix est cornélien : rater un examen ou prendre le risque de contaminer les autres ? "Nous comptons beaucoup sur la responsabilité individuelle, rétorque Pierre Wolper. La première chose à faire pour contrôler l’épidémie, c’est de ne pas avoir de contacts si on est symptomatique, infecté ou à risque de l’être."

Autrement dit : l’université compte sur les étudiants pour être sérieux… puisqu’elle ne peut pas faire beaucoup plus pour les contraindre. "Nous n’aurons pas d’information sur qui est en quarantaine et qui ne l’est pas, note le recteur. Notre capacité de contrôle est donc limitée à ce niveau-là." L’étudiant sera seul responsable de sa décision de venir, et de son comportement : "le fait d’être symptomatique, malade ou en quarantaine dépend de ce qu’on a fait avant l’examen, note Pierre Wolper. Quand on prépare sa session d’examen, on doit la préparer en étudiant, mais aussi en faisant ce qui est possible pour éviter d’être en quarantaine ou malade."

Nos formations sont un peu modifiées, ce n’est pas pour ça qu’elles sont de moins bonne qualité

Pour ceux qui ne pourront pas se rendre à l’examen, un report sera bien sûr possible. Cependant, ce sera au cas par cas : tout le monde ne basculera pas en deuxième session. Un risque de discrimination ? Pas plus que les années précédentes, estime Pierre Wolper : "on est dans le système qui est appliqué chaque année pour des personnes qui ne peuvent pas présenter leurs examens : s’il y a une possibilité de faire un report, on le fera ; et sinon effectivement il y a la deuxième session, qui est l’autre opportunité de repasser l’examen." Sur ce sujet, chaque université aura les mains libres, comme pour organiser le plan de crise, même si, reconnaît le recteur de Liège, "on est à peu près tous dans la même situation."

Si l’examen est en présentiel, les cours eux, ont été en grande partie en distanciel cette année, depuis plus de huit mois. Un constat qui n’alarme pas spécialement Pierre Wolper : "nos formations sont un peu modifiées, ce n’est pas pour ça qu’elles sont de moins bonne qualité", précise-t-il. Et si les examens ne se font pas en ligne, c’est pour faire passer le message que "nous faisons des examens tout à fait sérieux et fiables, comme nous le faisons chaque année".


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Pourtant, il y aura bien un impact pour la suite des études de celles et ceux qui auront vécu cette année difficile. Comment l’évaluer ? "Je suis tout à fait convaincu des capacités d’adaptation des étudiants, affirme Pierre Wolper, optimiste. Certains ont des problèmes personnels qui les ralentissent et rattrapent le temps perdu. Ici le problème n’est pas personnel, il est collectif, et je pense que nous avons très bien rattrapé le temps perdu."

Quant à parler de "génération sacrifiée", entre inégalités qui se creusent et précarité qui grandit, pour tous les étudiants qui ne peuvent avoir de job en ce moment… Le recteur de Liège ne veut pas aller jusque-là. "Bien sûr, il y a des difficultés individuelles, mais il y a des aides qui sont en place", rappelle-t-il. Les services ne sont d’ailleurs pas débordés, puisque les universités ont pu obtenir des aides additionnelles du gouvernement. "Nous essayons de répondre à toutes les demandes", assure Pierre Wolper. Du côté de la direction de l'ULiège, l’heure est donc bien à l’optimisme.

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