RTBFPasser au contenu
Rechercher

Jam

Coline Cornélis : on a bu un café glacé avec cette talentueuse artiste

05 août 2022 à 08:02Temps de lecture4 min
Par Aline Glaudot

D’aussi longtemps qu’elle se souvienne, Coline Cornélis aime tisser les liens qui relient entre eux les sons, les images, les mots et les gens. Enfant d’abord, par le dessin, elle affine ensuite son talent avec la musique. Aujourd’hui DJ, illustratrice, chineuse de sons ordinaires et de fragments littéraires, Coline Cornélis crée des moments, des petits objets pluridisciplinaires et prend également plaisir à faire danser les corps et les esprits. A la veille de son set au Micro Festival, on a profité des délicieux rayons de soleil de fin d’après-midi du mois d’août pour discuter avec cette artiste dont le savoir-faire n’a d’égal que sa poésie et son charme. Rencontre.

Qui es-tu Coline Cornélis ? Si tu devais te présenter en quelques mots…

Je suis DJ et Illustratrice. J’ai commencé en faisant des mixtapes que je postais sur Soundcloud et au fil de rencontres je me suis rendu compte que ça plaisait. Ça m’a donné envie de devenir un peu plus professionnelle et des amis m’ont dit d’essayer ! Pour le dessin, je dessine depuis que je suis toute petite, pendant l’adolescence, qui est un âge critique, j’ai un peu laissé tomber et je m’y suis remise à l’université.

Il y a un contrat en particulier qui m’a donné super fort confiance : un musicien anglais qui s’appelle Rupert Clervaux est tombé sur mes dessins et a voulu que je fasse la cover d’un de ses disques.

J’ai fini par travailler pendant longtemps avec lui. C’est un projet qui m’a donné beaucoup de confiance en moi. C’est à partir du moment où j’ai commencé à jouer devant des gens et à dessiner pour lui que j’ai commencé à me sentir un peu plus légitime et ça a commencé à devenir une activité à part entière.

Loading...

Qu’est ce qui t’a amené dans la musique ?

Je crois que j’ai toujours bien aimé lier des choses ensemble. C’est une idée qui m’est venue, j’avais envie de lier des chansons pour créer des petits objets, c’était une façon pour moi d’exprimer quelque chose. A ce moment-là je ne conscientisais pas encore que c’étaient déjà des DJ sets.

Si tu devais décrire ton projet musical ?

Alors je dirais qu’il y a deux projets en un : le premier projet c’est les "Lay", ce sont de sets de musiques ambient et de toutes sortes qui invitent à fermer les yeux et à se coucher. L’autre facette, ce sont des sets beaucoup plus dansants où je passe tous types de musiques et de styles : techno, bass mais aussi des musiques plus axées sur les percus et la danse.

Loading...

Dans tes sets de musique plus ambient, en quoi le dessin, la littérature et la musique sont-ils interconnectés ?

Une chose qui m’a permis de réaliser mon entrée dans ce monde-là c’est une session au Beurschowburg en novembre dernier : j’ai créé pour l’occasion des visuels, une installation et tout un set-up pour accompagner la musique. Il y avait aussi un dessin animé qui défilait et des installations mobiles présentes sur scène. Ça m’a vraiment permis de réaliser la vision que j’avais de combiner ces disciplines. Pour ce qui est de la littérature, je fais appel à une amie actrice qui lit des fragments de textes, ça ajoute une autre dimension.

© Tous droits réservés

Qu’est-ce que tu as envie de transmettre à ton public lors d’un set ambient ou une performance ?

Je pense que dans nos vies on fait rarement une seule chose à la fois. Ce que j’ai envie de proposer c’est un moment où tu ne fais qu’une seule chose : te coucher, écouter la musique et être profondément connecté à tes sensations. C’est un peu comme une forme de méditation : vivre le moment, les sentiments et les sensations.

Comment le public réagit-il en général ?

A Dour par exemple, il était clairement expliqué que c’était un show ambient pour se réveiller et où les festivaliers pouvaient passer de leur tente, de leur matelas à l’endroit du set pour continuer "la nuit" en douceur. A Horst, ça ne s’est pas vraiment passé comme prévu car il était déjà 4h de l’après-midi et les gens étaient déjà assez dissipés. Même si je pense qu’ils ont apprécié, ils n’ont pas pu trouver ce moment de paix et de concentration. Donc ça ne marche pas à chaque fois et ce n’est pas grave !

Je ne veux pas choisir et je sais que ce que j’aime le plus c’est faire les deux : j’aime à la fois l’énergie de la danse et cette communion des corps. J’aime aussi la concentration sur l’unité des corps. Cette ambivalence est belle !

Loading...

Tu as déjà pensé à produire tes propres sons ?

Oui, je commence. Je fais souvent des enregistrements, des sons et je commence à composer autour de ça.

Tu as rejoint la structure Magma il y a quelque temps, qu’est-ce que tu attends de cette alliance ?

Ça m’apporte énormément, infiniment. Déjà je travaille avec deux amis, je sais que mélanger amitié et travail ce n’est pas idéal mais dans ce cas-ci ça marche vraiment bien ! Je sais qu’ils veulent le meilleur pour moi, ils me protègent, me mettent en valeur, me brainstorment, me trouvent des super dates. Comme on a les mêmes goûts, ils savent ce dont j’ai envie. C’est merveilleux de travailler avec eux !

Magma

Qu’est-ce que tu vas nous offrir comme set ce samedi au Micro Festival ?

Et bien j’ai vraiment hâte car je me sens super inspirée, le programmateur m’a fait un briefing quand il m’a proposé de jouer qui m’a plu :

Il m’a dit qu’il voulait quelque chose de "dansant bizarre". Ça me parle beaucoup, je vais voyager entre des choses un peu dark et faire ce que j’ai envie de faire.

Comment tu envisages ton évolution ?

Je ne pense pas souvent à mes rêves (rires), tu me fais penser que je n’y pense pas souvent. J’ai la chance que de bonnes nouvelles et de choses assez positives dans la vie me tombent dessus, je n’ai pas l’impression de trimer pour des objectifs précis. Mon rêve serait potentiellement d’aller plus loin dans cette imbrication de domaines, de penser à d’autres formes et de les exposer à un public plus ou moins nombreux.

J’avoue que si je pouvais faire une émission de radio sur NTS ou jouer à Dekmantel Selectors je ne cracherais pas dessus.

L’appel est lancé ! En attendant nous, on se retrouve devant Coline au Micro Festival ce samedi 21h35 à l’Oasis 3000.

Articles recommandés pour vous