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Cocaïne trouvé sur un patient à l'hôpital St-Pierre : 6 jours de dilemme

3 kg de cocaïne à l'hôpital Saint-Pierre
02 oct. 2013 à 15:17 - mise à jour 03 oct. 2013 à 10:26Temps de lecture1 min
Par Thomas Nagant

Quand l'ambulance est arrivée à l'hôpital Saint-Pierre le 27 août, les urgentistes ont fait comme d'habitude. Ils ont pris en charge l'homme embarqué gare du midi pour un malaise et ils ont ouvert son sac, pour connaitre son identité et répertorier ses affaires. 

Mais dans le sac, il y avait 3 kg de cocaïne pure. 

L'hôpital a appelé le parquet, mais pas tout de suite reconnait Yvan Mayeur pour l'hôpital saint-Pierre. Que s'est-il passé pendant ces 6 jours ? 

Les médecins ont appelé la direction de l'hôpital, le service juridique et l'ordre des médecins pour décider d'une question importante: faut-il rompre le secret médical dans ce cas-ci, et révéler l'identité de l'homme à la justice ? 

Yvan Englert professeur de déontologie en médecine à l'ULB explique d'où est venu le dilemme du personnel : "C’est une disposition article  458 du code pénale, c’est une disposition de la loi qui est destinée à protéger l’accès aux soins de la population. Une personnalité publique qui serait atteint d’une maladie qu’elle considérerait comme  honteuse une personne qui aurait peur que son employeur soit informé d’une maladie qui lui ferait perdre son emploi. Vous pouvez imaginer des dizaines de situations où si il n’y avait pas le secret médical, l’accès au soin serait gravement inhibé"

Et cela serait dangereux pour ces patients mais aussi pour la société s’ils sont contagieux et non soignés. Les médecins sont donc obligés légalement de taire l'identité des patients et leurs maladies, pour que personne n'ait peur de se faire soigner.

Le secret est obligatoire mais il existe des cas où il doit être levé. Par exemple la maltraitance d’enfants ou de personnes âgées ou pour témoigner en justice.

A l’hôpital Saint-Pierre les médecins étaient face à un conflit de valeurs : appeler la police fera fuir par la suite les délinquants qui ne seront dès lors moins soignés augmentant le risque sanitaire, mais ne pas les appeler c'était prendre le risque que cette drogue et cette personne fasse peut-être des victimes.

Dilemme déontologique aux implications légales.

Myriam Baele

 

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