Giro - Cyclisme

Chaves dompte les pentes de l'Etna, son coéquipier Yates se pare de rose

Esteban Chaves et Simon Yates
10 mai 2018 à 08:55 - mise à jour 10 mai 2018 à 15:14Temps de lecture2 min
Par Cédric Lizin avec AFP

Le grimpeur colombien Esteban Chaves (Mitchelton-Scott) a remporté ce jeudi la sixième étape du Tour d'Italie, la première avec arrivée au sommet, et qui reliait Caltanisetta à l'Etna sur la distance de 164 kilomètres. Son coéquipier britannique Simon Yates, qui a terminé dans sa roue, s'empare du maillot rose de leader.

Le show du duo dans le paysage de lave noire du plus haut volcan d'Europe, à 1.736 mètres d'altitude, a éclipsé les autres favoris de la course. Le Français Thibaut Pinot a sprinté pour la troisième place, à 26 secondes, devant les autres candidats au podium.

"J'ai vite compris que c'était impossible de suivre Yates, il était le plus fort", a déclaré Thibaut Pinot à propos du démarrage du Britannique, porté à 1.500 mètres de la ligne.

En quelques instants, Simon Yates est revenu sur Esteban Chaves, le dernier rescapé d'une échappée monumentale de 28 coureurs qui a abordé l'ascension finale de 15 kilomètres avec à peine plus d'une minute d'avance. "J'ai attendu le plus longtemps possible mais j'avais de si bonnes jambes que j'ai voulu essayer", a commenté le nouveau maillot rose, qui est âgé de 25 ans.

Dans les derniers hectomètres, par une température soudainement refroidie, le frère jumeau d'Adam Yates (4ème du Tour 2016) a emmené son coéquipier vers la ligne et lui a laissé la victoire de prestige, la deuxième d'Esteban Chaves dans le Giro.

Le toujours souriant Colombien, surnommé le "colibri", avait gagné l'étape-reine des Dolomites en 2016 avant de porter le maillot rose à deux jours de l'arrivée et se classer finalement deuxième (à 52 secondes de Vincenzo Nibali).

Esteban Chaves (28 ans), qui a vécu une saison noire l'an passé, s'est remis sur une bonne trajectoire. En même temps que la cote de Simon Yates, en vue dans la Vuelta (sixième en 2016) et le Tour de France (septième l'an dernier), continuait à grimper au fil de ses performances du début de saison, quand il était passé tout près de rafler Paris-Nice après s'être imposé dans l'étape de montagne.

"Quand je suis revenu sur Esteban, on était près de l'arrivée. Il a été devant toute la journée, il méritait de gagner l'étape", a déclaré le porteur du maillot rose, désormais nanti d'une avance de 16 secondes sur le vainqueur sortant du Giro, le Néerlandais Tom Dumoulin.

Si l'Australien Rohan Dennis a fini par être définitivement décroché dans les derniers kilomètres au gré des accélérations (Lopez et Pozzovivo surtout), Tom Dumoulin a résisté pour terminer dans le premier groupe de poursuite. Comme Chris Froome, qui a sauvé l'essentiel en ne lâchant rien à ses autres rivaux, hormis le duo de tête.

Le Britannique a été décroché à plusieurs reprises mais il est parvenu à revenir à chaque fois, plus ou moins facilement, sur la route de l'Etna se cabrant par moments (avec des passages à 15%) pour rejoindre l'Observatoire astrophysique. S'il est pointé au classement à plus d'une minute de Simon Yates, le quadruple vainqueur du Tour a surtout évité la condamnation qu'il pouvait craindre au vu de son début de Giro.

Après trois journées en Sicile, le Giro arrive vendredi en Calabre, tout au sud de la péninsule. La septième étape, dessinée pour les rares sprinters du plateau (une troisième victoire pour Viviani ?), relie Pizzo à Praia a Mare, sur 159 kilomètres.

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