Belgique

Charles Picqué est élu président du Parlement bruxellois

Charles Picqué est élu président du Parlement bruxellois
10 juin 2014 à 04:44 - mise à jour 10 juin 2014 à 17:11Temps de lecture4 min
Par Jean-François Herbecq

L'élection de l'ex ministre-président de Bruxelles-Capitale (2004-2013) pourrait n'être que temporaire. Cela dépendra des négociations, toujours en cours, entre partis flamands (Open VLD, sp.a et CD&V) et francophones (PS, FDF et cdH) pour la formation d'une majorité.

Le Vice-président de l'assemblée bruxelloise sera le socialiste flamand Fouad Ahidar.

L'ensemble des 89 élus du parlement ont prêté serment, en ce compris les ministres et secrétaires d'Etat sortants qui ont aussitôt après repris place sur les bancs réservés au gouvernement, ouvrant aussitôt l'accès au parlement à des candidats suppléants.

Ont ainsi prêté serment: Michèle Carté (PS), en remplacement de Rudi Vervoort; Khadija Zamouri (Open VLD), en remplacement de Guy Vanhengel; Magali Plovie, en remplacement d'Evelyne Huytebroeck (Ecolo); Vincent Riga (CD&V), en remplacement de Brigitte Grouwels; Ridouane Chahid (PS), en remplacement de Rachid Madrane; Jos Raymenants (Groen) en remplacement de Bruno De Lille; Jérémie Drouart, en remplacement de Christos Doulkeridis.

On relèvera par ailleurs que Julien Uytendaele a lui aussi pris place au sein du groupe PS en remplacement de la ministre de la Culture et de l'Audiovisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Fadila Laanan.

Joëlle Milquet et Pascal Smet useront quant à eux de l'opportunité de cumuler temporairement un statut de ministre démissionnaire (l'une au fédéral, et l'autre au gouvernement flamand) avec le mandat de député bruxellois qui leur a été attribué par l'électeur.

Elections validées malgré les réclamations

Les élections régionales bruxelloises ont été validées par le Parlement. Les opérations de dépouillement du scrutin du 25 mai dernier avaient été perturbées par un bug informatique qui a retardé sensiblement le décompte des voix de préférence.

La commission de validation composée de sept membres tirés au sort en début de séance (4 PS, 1 cdH, 1 Ecolo, et 1 Vlaams Belang) s'est penchée sur neuf recours introduits par des candidats non élus avant de rendre son rapport, apportant une réponse individuelle à chacun des neuf recours.

Les réclamations ont été jugées recevables mais non fondées au motif principal que les anomalies "ne concernent que 265 des 462 427 votes émis, soit 0,057% des votes valables". Selon la commission, qui a adopté son rapport par cinq voix contre deux, cela n'a eu d'impact ni sur la répartition des sièges entre les listes, ni sur l'ordre des candidats élus.

Le parlement a adopté ses conclusions par 52 "oui", 9 "non" (Ecolo et Vlaams Belang) et 28 abstentions (MR, Groen, PTB et N-VA), après un débat tendant à démontrer que des leçons seront tirées des incidents qui ont perturbé le dépouillement.

Résultats "anormaux" pour le MR

Le MR s'est abstenu, notamment parce que des questions se posent sur la fiabilité du vote. Selon Vincent De Wolf, plusieurs candidats MR, dont quatre dans le canton de Schaerbeek, ont décidé d'introduire un recours contre l'issue du scrutin, dont le dépouillement avait été sensiblement perturbé par un bug.

Certains résultats ont par ailleurs été jugés "anormaux", dans le camp libéral, en particulier à Ixelles, où des candidats libéraux s'interrogent sur le décalage entre le score du MR à la Région et à la Chambre.

Le FDF Saït Köse échoue dans sa demande de suspension en référé

Saït Köse avait doublé sa réclamation d'un recours en justice, une action en extrême urgence, car selon lui, le scrutin a été entaché d'irrégularités à Schaerbeek et à Evere. Il demandait une suspension de la séance d'installation et voulait que les députés fassent une pause quelques jours, ne prêtent pas serment et ne valident pas les élections, le temps d'obtenir trois rapports sur ce qui s'est passé le jour du vote.

Mais le tribunal de première instance de Bruxelles, siégeant en référé, a rejeté sa demande. Compte tenu du principe de séparation des pouvoirs, le juge s’est déclaré sans compétence.

Majorité sur les rails

Sur le plan de l'ouverture de négociations pour former une coalition, on a appris mardi que les choses étaient "en bonne voie". Les états-majors de l'Open VLD et du CD&V avaient exprimé jeudi dernier, leur "réticence" à entrer en négociation avec les FDF qui ont rejeté la réforme de l'état dont la prochaine majorité bruxelloise devra mettre plusieurs pans en oeuvre sur le terrain.

Guy Vanhengel, chef de file des négociateurs flamands, a été chargé de déterminer les modalités de sortie de ce blocage qui devrait prendre la forme d'une série d'engagements de la part des partenaires autour de la table que ce soit à l'égard de la réforme de l'Etat, du dossier du stade national et de la communauté métropolitaine.

Aucune réunion plénière n'est actuellement prévue. Il n'y en aura en tout cas pas mardi.

Peu de nouveaux

Quand on regarde la composition de cette nouvelle assemblée régionale, on remarque qu'une majorité, 54 sur 89 viennent à peine de quitter ces sièges, comme députés ou ministres sortants.

L'assemblée est panachée dans les âges: le plus jeune sera Fabian Maingain, 28 ans cette année. Et le doyen, Jacques Brotchi, aura 72 ans cet été.

Il y a en revanche moins d'équilibre au niveau parité hommes femmes. On n'y est pas: 36 femmes pour 53 hommes.

La popularité

Pour siéger rue du Lombard, ils ont été plébiscités mais à des degrés divers. Le plus grand collectionneur de voix c'est Didier Gosuin, 22 900 votes.

Quelques sièges plus loin, l'élue au moins de voix, la N-VA Cieltje Van Achter, a été élus avec 500 voix à peine. Ce qui rappelle que pour décrocher un siège au parlement bruxellois il faut moins de voix à un néerlandophone qu'à un francophone

RTBF avec Belga

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