CES 2022 : les start-ups belges répondent présentes à Las Vegas

Gary Shapiro au CES 2022 à Las Vegas le 5 janvier.
06 janv. 2022 à 12:49Temps de lecture4 min
Par Lola Buscemi

Le Consumer Electronic Show (CES), le plus grand rassemblement du monde dans le domaine de l’électronique grand public, a ouvert ses portes ce mercredi à Las Vegas malgré la pandémie. Quelque 2000 entreprises sont présentes, c’est moitié moins que les années précédentes. Parmi elles, presque 20 sociétés belges sont au rendez-vous pour mettre en avant leurs inventions.

Une organisation bousculée par le variant Omicron

Après deux éditions virtuelles et malgré la flambée du nombre de cas de Covid-19, les organisateurs du CES se sont refusés à annuler le grand retour du salon en présentiel. L’édition précédente 100% digitale n’avait pas convaincu et Gary Shapiro, patron et fondateur du CES préfère les "vraies rencontres". Un accès digitalisé est cependant maintenu pour ceux qui ne pourraient pas se déplacer, ce sera donc une édition hybride.

Mais ce retour à la normale s’avère en réalité difficile. Le salon, que l’on surnomme "la grand-messe de la tech" a perdu beaucoup de grands noms comme Google, Meta, Twitter, Amazon et d’autres encore. Ils ont collectivement pris la décision d’annuler leur venue, la situation sanitaire étant devenue trop inquiétante aux Etats-Unis. Un salon de la tech sans les géants de la tech, de quoi démotiver beaucoup de visiteurs.

Le salon a également perdu un jour. Initialement programmé du 5 au 8 janvier, il fermera finalement ses portes le 7.

Cependant, cela reste l’occasion pour le monde de la technologie d’avoir un aperçu des dernières technologies qui seront convoitées dans les 12 prochains mois. De nombreux temps forts sont tout de même attendus.

La Belgique à l’honneur

Le CES, c’est l’occasion rêvée pour les entreprises belges de dévoiler au monde leurs dernières innovations. Véhicules autonomes, 5G, maison intelligente, blockchain et environnement sont les grands thèmes de cette année.

Comme chaque année, depuis 2018, LAWEX (lAgence wallonne à lExportation et aux Investissements étrangers) emporte avec elles plusieurs sociétés belges. Cette année, une petite vingtaine de start-ups et PME sont présentes pour porter les couleurs de la Belgique au Nevada.

"C’est un passage obligatoire pour les gens qui essaient de lancer sur le marché international, c’est un enjeu énorme ".

Les start-ups et PME wallonnes ont eu le droit à un moment privilégié lors de l’ouverture officielle de l’événement. C’est Gary Shapiro en personne qui a inauguré les deux stands de l’agence. Il a découpé le ruban symbolique en portant un masque buccal aux couleurs de la Belgique. Il a ensuite pris le temps, pendant 30 minutes, de découvrir les solutions et inventions développées dans le pays.

Les projecteurs sont braqués sur ces petites entreprises. Laurent Renard est CEO de Phoenix AI, une entreprise basée à Peruwelz et à l’origine de la création d’un logiciel qui offre un focus sur les éléments intéressants tout en permettant aux caméras de surveillance de passer d’une surveillance 24/24h à des alertes. "Le CES est une vitrine incroyable, se réjouit-il. C’est un passage obligatoire pour les gens qui essaient de se lancer sur le marché international, c’est un enjeu énorme."

"Dans ma société précédente, on faisait 45% du chiffre daffaires avec les Etats-Unis, affirme M. Renard. Cest un marché qui va très vite, en quelques mois les ventes peuvent littéralement exploser."

Le marché nord-américain est très convoité dans le domaine de la technologie, notamment pour ses milliers d’acheteurs potentiels. Nicolas Dembour est responsable des opérations et du développement commercial pour la start-up liégeoise Levita. Il vise lui aussi le marché américain. A l’origine spécialisé dans le luxe, il souhaite étendre sa clientèle au domaine de la tech. L’entreprise, créée par deux magiciens, propose des vitrines qui permettent de mettre des objets en lévitation à des fins marketing.

Vincent Agie, lui, participe à son tout premier CES et tente plutôt de trouver des investisseurs et des partenaires potentiels. Il est l’inventeur du Bimprinter, un robot qui permet d’imprimer un plan d’architecte sur une dalle de béton. Un outil révolutionnaire et unique au monde, 100% made in Belgium. "On a déjà rendez-vous avec Bouygues, ça part très très vite. On s’attendait à avoir un succès mais on ne pensait pas autant."

La réalité augmentée pour pare-brise : une première mondiale

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Au cœur du salon, on peut apercevoir une voiture qui semble classique. Il n’en est rien. C’est en réalité la première voiture de série avec un pare-brise qui se transforme en écran virtuel, visible sans lunettes.

Cette invention unique au monde est pensée par AGC, une entreprise belge basée à Gosselies. Ils sont en partenariat avec EyeLights, une société toulousaine.

La technologie AGC Automotive permet une conduite augmentée, en utilisant la vision par ordinateur et les capacités de l’IA. Il n’y a aucun cadran ni clignotant, tout est désormais intégré au pare-brise.

"Il se dessine en trois zones, explique Patrick Ayoub, chef de département à la recherche chez AGC. Il y a une zone de réalité augmentée, une bande noire en bas du pare-brise pour afficher l’information de manière plus sûre et un affichage central pour l’infotainement comme la musique ou une carte routière."

Les affichages conventionnels sont distrayants. Le pare-brise réalité augmentée améliore la sécurité en affichant les informations utiles au bon endroit et permet de rester concentré sur la route. Les informations apparaissent à des moments précis, sans déranger la conduite et en s’adaptant à l’environnement.

Le CES représente un véritable tremplin et l’invention rencontre déjà un franc succès. "Cela génère énormément d’attraction. Les contacts commencent et plusieurs constructeurs sont intéressés. Nous sommes très fiers d’être là pour montrer notre création." se réjouit Patrick.

Le pare-brise sera normalement disponible sur le marché en 2025.

Sur le même sujet, au JT de ce jeudi 6/01/22

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