CEB 2017: comment expliquer le taux d'échec plus élevé que d'habitude?

CEB : Pourquoi autant d'échecs ?

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28 juin 2017 à 13:31 - mise à jour 28 juin 2017 à 13:31Temps de lecture2 min
Par RTBF

85,5% de réussite au CEB cette année, presque 6% de moins que l’année passée… Cette chute des résultats, certains directeurs l’avaient pressentie. C’est le cas de Badr Eddine Ouartan, directeur de l’école n°10 à Schaerbeek. "Chaque matin, quand nous prenions connaissance des épreuves, on se rendait compte que la maîtrise du français serait importante pour réussir. Et ça s’est vérifié", explique-t-il. Dans son établissement à encadrement différencié, beaucoup d’élèves ne parlent pas français à la maison. Leur manque de maîtrise de la langue leur a joué des tours, dans toutes les disciplines. Ils n’ont pas toujours bien compris les consignes.

Pour l’inspecteur général de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Gérard Legrand, il semble bien qu’en effet les lacunes en français aient pesé, de façon générale. Elles se sont clairement manifestées dans certaines parties des épreuves, comme celle sur le "savoir écouter". "La longueur du texte a sans doute posé problème aux enfants qui avaient plus de difficultés". Résultat en français : une moyenne de 70,32%, contre 74,04% un an plus tôt. En éveil, la baisse est encore plus nette : 74, 66% contre 79, 25% en 2016.

Des résultats qui surprennent

L’administration doit à présent analyser plus finement les résultats pour explorer les différentes hypothèses qui permettraient de mieux comprendre la baisse du taux de réussite. Rien en tout cas ne laissait présager une telle chute. Comme chaque année, le CEB avait été testé un an à l'avance en toute discrétion auprès d'un échantillon représentatif d'élèves de 6ème primaire. "Là aussi, nous aurons un débriefing" continue Gérard Legrand. "Nous aurons à analyser la manière de renforcer encore ce processus de testing en amont, sachant que le calibrage d’une épreuve reste un exercice extrêmement difficile, délicat, complexe. Cela fera partie de l’évaluation que nous allons avoir dans les prochains jours avec les membres de l’administration".

C’est le niveau du test qui varie, pas celui des élèves

Mais ne pourrait-on pas incriminer le niveau des élèves eux-mêmes ? "Pas du tout", répond Dominique Lafontaine, professeure en sciences de l’éducation à l’Ulg qui plaide pour une plus grande professionnalisation des épreuves. Chaque année, 50 000 élèves passent leur CEB. Sur une population aussi grande, et en l’absence de changement dans le système éducatif, il n’est pas réaliste d’imaginer d’aussi brusques variations de niveau chez les enfants, selon la spécialiste.

Pour preuve, la succession permanente de pics et de creux dans les taux de réussite. Si cette année, il était de 85,5%, il était de 91% en 2016, 88,54% en 2014, 96,29% en 2013… "Si la tendance était une tendance de fond, on verrait que chaque année, ça s’éroderait un petit peu. Là on pourrait commencer à questionner le niveau des élèves. Mais cette succession de pics et de creux montre que ça tient essentiellement au niveau de difficulté de l’épreuve". Dominique Lafontaine pointe aussi l’importance des critères de correction utilisés. "On ne se rend pas nécessairement compte qu’en pondérant d’une certaine façon les questions, on se trouve subitement avec une baisse de 5%".

Bref, la méthode actuelle ne garantit pas une épreuve équivalente chaque année. Sans changement, les chances de réussite continueront de varier, en particulier pour les élèves les plus faibles.

>>> A lire aussi : Que dire aux enfants qui ont raté le CEB?

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