Caroline est kiné, Victor est facteur: pourquoi font-ils grève ce mardi?

Caroline, kiné, et Victor, facteur, font tous les deux grève ce mardi.
10 oct. 2017 à 07:14 - mise à jour 10 oct. 2017 à 07:14Temps de lecture1 min
Par T.M. avec M.A.

Réforme des pensions, statut du fonctionnaire, économies dans le service public... Celles et ceux qui répondent ce mardi à l'appel à la grève, lancé par la CGSP, ont chacun leurs raisons en tête. 

Victor Krompout est facteur chez bpost. Cela va faire près de trente ans. Trente ans de carrière qu'il commence à sentir dans les jambes. Ce sont la pension et la prise en compte de la pénibilité du travail qui le poussent à participer à l'action ce mardi.

"Ce qui m'effraie pour l'instant, c'est le recul de l'âge de la pension... Il faut voir si je serai encore capable d'effectuer ce type de travail le restant de ma carrière", confie-t-il.

Pour Victor, "la reconnaissance de la pénibilité du travail" est aussi très importante, car, dit-il, c'est "lié": "Si la pension est repoussée, je vais devoir travailler plus tard et c'est vrai que cela devient difficile, pénible lors de la distribution".

"Les tournées ont augmenté, précise-t-il d'ailleurs. Avant, on avait des tournées de 500 à 600 boîtes aux lettres; maintenant, on est à peu près à 1400 ou 1500 boîtes."

Caroline Cadet, elle, est kinésithérapeute au Tournesol, une maison de repos de près de 100 lits, qui dépend de l’intercommunale liégeoise Isocèle. Ce mardi, elle fait grève. Elle "pense à la précarité des emplois et des contrats".

"Je vois beaucoup de collègues qui sont employées à mi-temps pour des contrats de remplacements. Elles ne savent pas si elles auront une prolongation de contrat ou une augmentation de temps de travail..."

"Je pense également aussi aux pensions. Moi, je ne sais pas quand je pourrai partir à la retraite", confie-t-elle.

Par cette action, Caroline souhaite aussi défendre le service public: "J'ai un parcours professionnel assez spécial. J'étais indépendante et je suis très heureuse d'être tombée dans le service public pour différentes raisons".

"Et j'ai à cœur que cela continue, qu'on ne vienne en tout cas pas faire s'écrouler tout ce système qui apporte quand même beaucoup de sécurité – il faut bien le dire – et puis, l'encadrement du service public, la qualité de vie que l'on avait et que l'on espère avoir encore. Et il faut le défendre."