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Carnet d'Opéra n°7: A Martina Franca, Le Joueur de Prokofiev retrouve son livret belge en français

Carnets d'Opéra

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Entre Bari et Tarante, dans cette terre des Pouilles où l’on trouve les fameux Trulli, le Festival della Valle d’Itria cultive les opéras rares.

Pour cette édition 2022, la première confiée au brillant et dynamique Sebastian F. Schwarz, cinq ouvrages sont à l’affiche, un pour chaque siècle de l’histoire de l’opéra. ll aurait même dû s’agir, pour l’occasion, de cinq ouvrages italiens, mais le hasard ou les éléments en ont décidé autrement. Entre Il Xerse de Cavalli, La scuola de’gelosi de Salieri, Beatrice di Tenda de Bellini et la création mondiale de Opera Italiana de Nicola Campogrande, on attendait la résurrection de Delitto e castigo, adaptation par le très oublié Arrigo Pedrolli du Crime et châtiment de Dostoïevski.

Hélas ! Au moment de préparer les répétitions, il est apparu que les inondations de 2021 (ou peut-être l’écroulement d’un mur ?) avaient causé la perte, dans les caves de l’éditeur, du matériel d’orchestre. Il a donc fallu trouver un plan B.

L’idée était de garder Dostoïevski mais, même si le compositeur Luciano Chailly (le père du chef Riccardo) a composé un opéra d’après L’idiot, il est apparu plus raisonnable d’opter pour une valeur sûre : Prokofiev, dont Le Joueur s’inspire bien sûr du roman éponyme. Un opéra que Prokofiev aurait voulu voir créé au Mariinski de Saint-Pétersbourg, mais que la révolution de 1917 empêcha. Tant et si bien que la création n’eut lieu qu’en 1929, à la Monnaie et avec un livret en français signé Charles Spaak ! C’est cette version que propose le festival italien, sous la baguette énergique de Jan Latham Koenig et dans une mise en scène brillante de David Pountney.

Martina Franca, les 30 juillet et 6 août, www.festivaldellavalleditria.it

Festival de la Valle d'Itria Martina Franca, photo de presse, Clarissa Lapolla

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