Budget espagnol: Rajoy évoque une éventuelle flexibilité, accueil glacé de l'Europe

Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy, à Madrid le 4 février 2016
11 févr. 2016 à 20:48 - mise à jour 11 févr. 2016 à 20:48Temps de lecture2 min
Par AFP

Le chef du gouvernement espagnol sortant, Mariano Rajoy, a dit jeudi envisager de demander pour son pays davantage de flexibilité sur son budget à Bruxelles, qui a aussitôt accueilli très fraichement cette annonce.

"Quand les marchés sont volatiles, vous avez besoin de fermeté sur ce qui a été convenu (...) nous devons prendre cela très au sérieux", a déclaré le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, interrogé sur le budget espagnol après une réunion des 19 ministres des Finances à Bruxelles.

Et le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, de renchérir: "L'Espagne doit respecter les recommandations (...) il faudra voir avec le nouveau gouvernement (...) il faudra être très rigoureux".

Plus tôt dans la journée, M. Rajoy avait argué que "l'Espagne doit respecter la trajectoire de la stabilité budgétaire décidée avec l'Union européenne". "Mais il est aussi possible de faire usage de la flexilibité qu'offre la règle européenne", avait-il plaidé.

"Je suis absolument convaincu que l'Union européenne agit avec flexibilité et intelligence à l'égard des pays qui ont la volonté d'arriver à la stabilité budgétaire", avait-il professé.

Le gouvernement conservateur espagnol avait prévu dans son projet de budget adopté à l'automne un déficit public à 4,2% du produit intérieur brut en 2015 et réduit à 2,8% du PIB en 2016, donc dans les clous européens.

Ces prévisions avaient alors été jugées "un peu trop optimistes" par le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici.

Jeudi, Mariano Rajoy a mis en avant son bilan en soulignant que le déficit public de l'Espagne est passé de "9,1% à 4,5%" du PIB durant sa législature. Le chiffre officiel du déficit public pour 2015 n'a pas encore été publié.

La Commission européenne table sur un déficit de 4,8% du PIB en 2015, de 3,6% en 2016 et de 2,6% en 2017 pour Madrid.

Le Parti populaire (PP) conservateur a peu de chance de continuer à gouverner le pays après les élections législatives du 20 décembre qui ont débouché sur un parlement très fragmenté.

La droite est arrivée en tête avec 119 élus sur 350 mais le parti socialiste PSOE, comme le parti de gauche radicale Podemos et ses alliés, lui barrent la route de l'investiture avec plus de 150 élus, d'autant que le nouveau parti de centre libéral Ciudadanos, avec 40 députés, reste neutre.

C'est donc au numéro un socialiste, Pedro Sanchez, que le roi Felipe VI a confié la tâche ardue de former un nouveau gouvernement, ce qu'il tente, à travers des discussions avec les autres formations, depuis le 2 février.