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Bruxelles : Capitale internationale, ville habitée…

Tapis de fleurs sur la grand place
27 juil. 2012 à 15:06Temps de lecture3 min
Par Kevin Dero

La fête : un choix politique

Chaque année, au mois de décembre, quand les premiers flocons tombent sur le centre-ville, les cloches de l’Eglise Sainte-Catherine sonnent le début de " Plaisirs d’Hiver ". Sept mois plus tard, la Place des Palais s’électrise pour le Brussels Summer Festival. Entre temps : Bruxelles-les-Bains, la Foire du Midi, la Nuit Blanche… les grands événements s’enchaînent. La Ville a fait le choix politique de la fête : " Comment faire resplendir notre ville ? Et ne pas en faire simplement une ville-musée. Et bien c’est notamment en la dynamisant, en l’animant en permanence. Donc c’est un vrai projet de ville, et c’est un vrai projet politique qui s’inscrit dans un cadre global " explique l’échevin du tourisme, Philippe Close (PS). Un choix politique que ne partage pas complètement Ecolo (dans l’opposition). Pour Marie Nagy, cheffe de file des écologistes, " la machine s’est emballée ! Il y a deux aspects : l’animation de la ville qui est très positive pour faire venir des visiteurs, pour dire qu’il se passe toujours quelque chose à Bruxelles. Et puis, il y a la compatibilité de cela avec l’habitat. (…) l’équilibre entre l’animation et l’habitat dans la ville n’est pas toujours protégé". Et c’est vrai qu’à plusieurs reprises, les riverains du centre-ville se sont élevés contre ces grandes manifestations, sources de nuisances. Deux postures politiques se mesurent : la Ville attractive, où le tourisme de masse génère l’emploi. Et une Cité animée, à échelle humaine, pour ses habitants.

1000 logements…

Habiter à Bruxelles. Habiter la capitale. Habiter le centre de l’Europe. Le choix est de plus en plus compliqué pour des milliers de famille. Les loyers grimpent, quand la propriété devient un rêve inaccessible pour les portefeuilles moyens. C’est pourquoi la majorité communale s’est lancé un pari, il y a 6 ans : construire 1000 logements. A quelques mois des élections, le bourgmestre et les échevins sont satisfaits : le compte-à-rebours atteint zéro. Un tiers de ces nouveaux logements a été construit dans un grand complexe installé dans un quartier périphérique de Neder-over-Hembeek, petit coin de ville encore champêtre. 344 nouvelles familles (entre 1500 et 2000 habitants) sont en train de s’y installer, sous le regard médusé des habitants. " On est un peu inquiet, on se demande comment on va pouvoir les rencontrer " nous explique l’un d’eux. Ici, les riverains se sont d’abord battus contre le projet, pour finalement par l’accepter. Ils réclament maintenant l’aide de la commune : " Nous demandons comment est-ce qu’on peut s’organiser pour que ça se passe bien. L’objectif, c’est quand même qu’on vive en harmonie, qu’on ne crée pas un ghetto aux portes de la ville. Et c’est un peu notre crainte. Or, pour l’instant, on a été associé à aucune mesure d’accueil ou à un processus d’intégration de ces gens ".

Quelle place (de parking) pour les voitures ?

Au volant de leurs voitures, coincés dans les kilomètres de bouchons quotidiens, les automobilistes bruxellois s’impatientent. Pendant cette législature, le centre-ville est passé en zone 30 et le prix de la place de parking a augmenté. De nouvelles pistes cyclables ont été tracées sur les boulevards du centre. Du coup, les voitures n’y circulent plus que sur deux bandes. Une nécessité pour l’échevin de la Mobilité, Christian Ceux (CDH). " Il fallait faire quelque chose (pour la sécurité des cyclistes). Et donc ce tracé est une étape dans ce sens-là ". Le chef de file du MR, pour les élections, Alain Courtois est furieux contre ce qu’il appelle le tout-au-vélo : " Je ne suis pas pour le tout à la voiture. Je dis que la transformation de la mentalité pour aller vers le transport en commun, pour aller vers le vélo, pour aller vers la voiture électrique est en marche… mais ça ne se fait pas en un coup ! "

A l’approche des élections, les partis bruxellois se positionnent,  affirment leur point de vue face aux grands enjeux qui traversent la Ville… Mais aucun ne s’engage trop loin dans un chemin ou dans un autre. Les partis de l’opposition (Ecolo, MR et le FDF qui se présente en solo) espèrent participer à la majorité. Si ce jour-là arrive, il faudra rester conciliant.

Hélène Maquet

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