Birmanie : le "parlement fantôme" exhorte à la mobilisation avec "invincibilité" malgré la répression de la junte

Rassemblement d'opposants ce dimanche en Birmanie
14 mars 2021 à 07:55 - mise à jour 14 mars 2021 à 09:13Temps de lecture2 min
Par Belga

Les députés de l'opposition à la junte militaire en Birmanie, regroupés dans un "parlement fantôme", ont appelé dimanche les protestataires à poursuivre leur mobilisation "avec invincibilité" contre le coup d'Etat.

Ces parlementaires - dont beaucoup sont dans la clandestinité - ont formé un "parlement fantôme" nommé Comité pour représenter le Pyidaungsu Hluttaw (CRPH), les mots birmans pour désigner l'organe législatif, afin de dénoncer le régime militaire.

Il a publié plusieurs déclarations depuis sa formation, mais le mouvement pro-démocratie semble en grande partie sans chef, avec des rassemblements quotidiens organisés par des militants locaux.

Le vice-président par intérim de ce Comité a appelé à poursuivre la mobilisation contre "la dictature injuste" de la junte. "C'est le moment le plus sombre de la nation et la lumière de l'aube est proche", a dit Mahn Win Khaing Than dans une vidéo publiée samedi soir sur la page Facebook du CRPH.

"Il s'agit aussi du moment qui teste nos citoyens pour voir à quel point nous pouvons résister à ces temps obscurs", a dit M. Than, un responsable de haut rang de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d'Aung San Suu Kyi, et qui était le président de l'assemblée sous le gouvernement de Mme Suu Kyi.

Avec d'autres alliés de celle-ci, il a été placé aux arrêts domiciliaires au moment du coup d'Etat du 1er février, selon l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP).

Deux personnes décédées ce dimanche : "la tension a augmenté"

La répression violente des manifestations contre le coup d'État en Birmanie a fait au moins deux morts ce dimanche, rapportent les médias locaux.

Un habitant de la ville de Bago rapporte qu'un autre manifestant a été tué par balle dimanche matin, et que de nombreuses autres personnes ont été blessées. "La tension a augmenté", décrit-il, "les gens ne veulent pas arrêter de manifester, et l'armée essaie de réprimer ces manifestations".  

Dans la ville de Myintkyina, dans le nord de la province de Kachin, les médias locaux font état d'un autre manifestant mort. Des dizaines de milliers de Birmans sont à nouveau descendus dans la rue dimanche dans plusieurs villes. Ces protestations continuent de prendre de l'ampleur, obligeant l'armée à répondre avec une brutalité accrue. Au moins 80 personnes sont déjà mortes dans la répression sanglante des manifestations, et plus de 2000 autres ont été arrêtées, selon les estimations de l'ONG Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP).