Initiatives locales

Big Jump : un petit plongeon pour alerter sur l’état de nos rivières

Le Big Jump a lieu tous les ans et vise à alerter la pollution des cours d’eau, notamment en Wallonie
11 juil. 2022 à 13:41 - mise à jour 13 juil. 2022 à 08:09Temps de lecture2 min
Par Clément Larue avec Boukè, MaTélé, Belga & RTBF

Sauter à 15 heures tapante dans des rivières interdites à la baignade, voilà le concept du Big Jump. Un petit plongeon qui alerte en réalité sur une thématique bien plus grande : la propreté et la durabilité de nos cours d’eau. D’autant plus qu’en Wallonie, on semble nager en eau trouble.

Un dimanche de juillet, ils sont quelques dizaines à s’être rassemblés au bord d’un cours d’eau. Tous en maillot, accompagné par des transats, tout porte à croire que l’on vit une simple journée à la plage. Sauf qu’ici, on va plonger dans une rivière wallonne pourtant interdite à la baignade. L’objectif est de dénoncer l’état de nos cours d’eau et des différents types de pollutions que l’on y trouve.

« C’est important que nos rivières soient propres »

Initié en 2002 par l’European River Network, ce mouvement perdure car : " Les objectifs fixés pour 2015 n’ont tristement pas été atteints […] C’est un super moyen de faire passer le message à nos politiques pour dire : c’est important que nos rivières soient propres", comme l’explique Ignace Rommelaere, manager de GoodPlanet Belgique, au micro de Boukè le long de la Meuse.

Et toujours à Jambes, les analyses réalisées quelques jours avant la baignade montrent un taux anormal d’entérocoques, des micro-organismes indicateurs d’une pollution d’origine fécale. Signe d’une eau de surface médiocre, ce type de pollution peut se révéler dangereux lorsque l’on boit la tasse. Car, ces micro-organismes causent, par exemple, le développement de maladies infectieuses comme des infections urinaires ou abdominales.

En Belgique, à peine 10% des 195 cours d’eau répertoriés ont suivi le plan d’action européen visant à atteindre une norme écologique. Pourtant adoptés en 2000 et ayant pour terme 2015, les objectifs sont loin d’être atteints au point d’être reporté à 2027. Alors pour protester contre ce laxisme, des actions se sont déroulées à Jambes, Wépion, Habay-la-Neuve (où Tv Lux s'est rendu), Saint-léger et Rochefort. Dans le dernier lieu, une vingtaine de personnes ont mouillé de maillot, dans la Lesse, comme à différents stands afin de sensibiliser les citoyens. Tandis qu’à Huy, les nageurs ont pu suivre une traversée de 1500 mètres dans la Meuse.

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Trier nos eaux comme nos déchets

Dans chaque lieu, une ou plusieurs organisations locales étaient à la manœuvre, comme le Centre des Jeunes et de la Culture de Rochefort, filmé par Ma Télé (vidéo ci-dessus). On retrouve aussi l’organisation reconnue d’utilité publique, " Les Amis de la Terre " qui demande un tri de nos eaux : " Nous le faisons déjà avec nos déchets. Certes, c’est compliqué mais possible ", s’avance sur ce point Micheline Somma, bénévole. Une solution proposée par " Les Amis de la Terre " est d’interdire les rejets d’eaux grises dans les cours d’eau, comprenez par-là : interdire de rejeter l’eau de nos bains, toilettes ou vaisselles dans des rivières.

Autre piste à développer selon l'organisme, l’utilisation de toilettes sèches afin de diminuer l’utilisation d’eau et donc le rejet d’eau grise est conseillée. Ou encore, rendre obligatoire les audits hydriques pour l’obtention d’un permis.

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