Batman fête ses 80 ans au sommet de la gloire

80 ans Batman

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30 mars 2019 à 08:00Temps de lecture3 min
Par Gérald Vandenberghe

Depuis 80 ans, sa silhouette de chauve-souris peuple l’imaginaire de tous ses fans. Batman, le superhéros sombre et énigmatique fête ce week-end ses 80 ans. Et malgré cet âge canonique, il atteint toujours des sommets de notoriété, que ce soit dans le monde de la BD ou du cinéma. Les ingrédients de base utilisés par ses créateurs semblent toujours faire recette.

Batman fait sa première apparition dans le monde de la BD en fin mars 1939. Les premières planches qui le mettent en scène sont publiées dans le Comic book « Detective Comics ». Bob Kane est au dessin et le dote de cette cape et de ce masque à oreilles, qui lui donneront sa silhouette caractéristique. Bill Finger est au scénario et décidera de donner un côté sombre et inquiétant à la personnalité à ce nouveau superhéros.

« Dès le départ Batman se pose en contre-pied total du premier des superhéros, Superman » explique Yann Graf, éditeur chez Urban Comics, la maison d’édition qui publie les BD de Batman dans le monde francophone. « C’est en fait un contre-pied total. Batman porte un masque alors que Superman est à visage découvert. Batman porte des couleurs sombres, là où Superman est tout en bleu et en rouge. Batman est un homme normal à l’opposé de Superman qui est doté de superpouvoirs. Ces deux héros vont, en fait, donner naissance à deux catégories de superhéros soit sombres, soit lumineux. Et tous les superhéros qui apparaîtront, par la suite, trouveront chaque fois leur place dans l’une de ces deux catégories ».

Bon anniversaire, Bat !

L’ennemi du crime organisé

Au-delà de l’apparence physique, c’est évidemment le tempérament qui oppose les deux héros. Là où Superman est rayonnant et souriant, Batman est sombre et mélancolique. N’oublions que Bruce Wayne, enfant, a vu ses parents se faire abattre sous ses yeux. Et que cet évènement l’a évidemment traumatisé. Il ne faut jamais oublier que le but de Batman est de terroriser les malfrats, la peur est son moteur.

Les crimes, les faits divers mis en scène lors des premières aventures de Batman sont identiques à ce que l’on retrouve dans la littérature populaire de l’époque, et que l’on regroupe sous le nom de « Pulp ». Mais ils sont surtout le reflet de la situation historique de l’époque. Dans les années 30, New York est réellement une ville où le crime est roi.

« On est à la fin de la grande crise de 1929 », précise Yann Graf. « La dépression économique des années 30 frappe encore. Le plan de relance économique du président Roosevelt, le 'new deal' n’a pas vraiment fonctionné. Des cohortes de chômeurs débarquent en milieu urbain et la criminalité ne cesse de monter, attisée par cette pauvreté. Batman est donc un justicier urbain, lui-même victime indirecte d’un crime, quand il était enfant, et qui utilise la violence contre la violence. Un cocktail qui plaît aux Américains. En fait, Batman est en lien avec les évènements de son temps. Et c’est cela aussi qui explique son succès. Cette recette est d’ailleurs toujours utilisée par les auteurs de Batman aujourd’hui ».

Batman, toujours en lien avec l'actualité

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Les super vilains tout plein…

Un des autres facteurs expliquant le succès de Batman est la qualité de ses ennemis. Comme Tintin, la série bénéficie de personnages secondaires de tout premier plan. Le joker dont la notoriété égale pratiquement celle de Batman, en est le meilleur exemple.

« La notoriété du Joker est telle qu’Hollywood a décidé de lui consacrer un film à lui seul. Il sortira en octobre prochain. Joachin Phénix l’incarnera sur grand écran » explique Yann Graf. « Batman dispose d’une panoplie d’ennemis variée et efficace. Ils sont tous le reflet d’un des traits de personnalité de Batman. Mais un trait de personnalité déformé. Ils incarnent ce que Batman aurait pu être s’il avait quitté le droit chemin »

Quel sourire !
Quel sourire ! RTBF

Preuve de cette fascination qu’exercent les « vilains » de la série Batman, le dessinateur suis Enrico Marini, connu pour sa série « Le Scorpion » vient de réaliser, aux éditions Dargaud une aventure de Batman. Il a immédiatement choisi de mettre en scène le joker. Il avoue même du bout des lèvres, éprouver plus de plaisir à animer ce psychopathe total que le sombre justicier.

Enrico Marini dessine le Joker

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Enfin pour boucler ce tour d’horizons des raisons du succès de Batman, 80 ans après sa naissance, il ne faut pas oublier l’impact d’Hollywood. Dans les années 1980, l’industrie du film américaine s’est emparée du personnage. Des films comme le « Batman » de Tim Burton, sorti en 1989 et la série des « Dark Knight » de Christopher Nolan ont marqué leur époque. Grâce aux entrées en salle et aux produits dérivés qui ont entouré leurs sorties (jeux vidéo…), ils ont fait découvrir Batman à une génération de fans qui n’avaient jamais lu une BD de l’homme chauve-souris.

Lorsque l’on combine la force de la machine hollywoodienne avec le goût des spectateurs pour les héros sombres et torturés, on comprend aisément que Batman hantera encore longtemps le ciel de Gotham City, reflet sombre de New York. Il est fort probable qu’il fêtera, sans doute encore au sommet de la gloire, son prochain centenaire.

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