Belgique

"Baisse" de la criminalité: le SLFP critique la méthodologie utilisée

Vincent Gilles (SLFP)
16 janv. 2014 à 14:45 - mise à jour 16 janv. 2014 à 16:39Temps de lecture2 min
Par Alain Lechien

Ces données réjouissent la ministre : moins 16,5% pour les vols à main armée, moins 56,9% pour les vols de sacs, surtout à Bruxelles, moins 27% de vols à l'arraché, et enfin, moins 7% de vols de voitures.

Mais pour Vincent Gilles, du SLFP, ces chiffres ne correspondent pas à la réalité : "Ils émanent de la banque de données policière qui, par nature, est alimentée par les constatations des policiers. De manière fondée, nous pouvons dire qu’une partie des baisses que nous observons sont probablement tout simplement provoquées par une absence de policiers pour les constats".

Les 1400 nouveaux policiers annoncés n’entrent en service que maintenant, poursuit-il : "Il faut reconnaître que madame Milquet a réussi à convaincre ses partenaires du gouvernement à augmenter le nombre de policiers en académie ; ceux-ci viennent seulement de finir leur cycle de formation. Nous ne verrons donc l’effectivité de leur travail que dans un an".

N’y a-t-il, pour autant, aucune raison de se réjouir des chiffres présentés ? "Cela peut être une bonne nouvelle globalement" mais sur les chiffres qui indiquent une baisse de la cybercriminalité de 26%, par exemple, le président du SLFP pointe avant tout le manque d’effectifs.

Pour lui, il y a une "carence en personnel", ce qui expliquerait les chiffres en baisse. Point positif néanmoins, cette carence pourrait être en partie comblée par l’engagement des 50 nouveaux agents affectés à la surveillance sur Internet et bientôt opérationnels.

Vincent Gilles critique en tout cas la méthodologie utilisée : "Etudier des chiffres émanant d’un seul creuset, sur une période de seulement 6 mois, c’est extrêmement dangereux pour appuyer des analyses".

"Ma démarche n’est nullement politique. Je représente près de 20 000 membres du personnel qui diverses couleurs politiques. Je suis ouvert à tous les conseillers de partis politiques qui ont des demandes de conseil. Je ne suis ni membre du MR, ni du cdH, ni du PS, ni de la N-VA" assure encore le syndicaliste.

Destexhe critique aussi les méthodes d'analyse

Le député de la fédération Wallonie-Bruxelles Alain Destexhe (MR) a critiqué jeudi les méthodes d'analyse statistiques de la criminalité en Belgique et à Bruxelles, selon lui dépassées.

Pour le député MR Alain Destexhe, ces chiffres masquent la persistance d'un autre constat: par rapport à 2000, la criminalité violente reste en forte augmentation, que ce soit sous forme de meurtres et d'assassinats (+40%), de coups et blessures (+19%), de viols (+26%), ... Même constat pour Bruxelles où l'augmentation des meurtres et des assassinat est de 26%, celle des coups et blessures, des rixes au couteau, 20% et des viols collectifs, de 20% pour ne citer que ces catégories.

Pour lui, les statistiques présentées mercredi ne permettent pas de se façonner une image objective d'une "violence bien réelle".

La baisse des délits s'explique notamment parce qu'une série d'entre eux ne sont plus poursuivis.

De plus, l'outil statistique belge est "archaïque et confus" en regard des expériences observées à l'étranger, notamment à New-York (USA) et à Londres (Grande-Bretagne).

A New-York, les statistiques sont remises à jour toutes les semaines et permettent en un coup d'oeil de se faire une idée de l'ampleur de la criminalité violente.

L'élu MR demande par conséquent à la ministre de l'Intérieur une présentation de la criminalité qui ne minimise par la criminalité violente, de revoir la présentation des chiffres en s'inspirant des exemples à l'étranger évoqués, et de diffuser chaque semaine ou chaque mois des statistiques de la criminalité.

A.L. avec Q. Warlop et Belga

Les chiffres sur la criminalité correspondent-ils à la réalité

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Sur le même sujet

Le Syndicat libre de la fonction publique a un nouveau président

Economie

Criminalité: "La méthode de calcul est la même, seul l'outil est différent"

Belgique