Belgique

Avenir du nucléaire : "Prolonger deux réacteurs ne sera pas suffisant" estime Georges-Louis Bouchez

L'invité de Matin Première : Georges-Louis Bouchez

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Georges-Louis Bouchez
Georges-Louis Bouchez RTBF

Les partenaires de la Vivaldi qui forment le gouvernement sont parvenus lundi soir à un accord sur la problématique des pensions. Lorsqu’il a commenté cet accord, le Premier ministre Alexander de Croo a tenu à dire que les réactions des présidents de parti dans ce dossier étaient du "bruit de fond qui n’est pas important". Interrogé sur La Première, le président du MR Georges-Louis Bouchez "pense que le Premier ministre doit faire d’un peu plus de respect pour ses partenaires". Selon lui, cet accord "n’est pas ce qui permettra d’assurer la pérennité financière des pensions. Une coalition tient grâce à l’équilibre entre les partis et à la volonté des partis que lui-même soit Premier ministre, et l’ensemble restent en place. L’invective, la menace quand on est chef de gouvernement, ce n’est pas la meilleure manière d’arriver à des consensus. Il y a eu une ambiance très compliquée pendant les discussions. Par exemple quand on convoque des ministres et que pendant 10 heures on ne les réunit pas parce qu’on fait des bilatérales, ce n’est pas de nature à aider les uns et les autres à avancer. Je pense qu’il faut prendre un peu soin de ses partenaires si on veut obtenir des accords".

Il doit y avoir un accord avant que le gouvernement parte en vacances

Concernant le dossier nucléaire, Georges-Louis Bouchez déclare qu’il aurait fallu que la ministre de l’Energie Tinne Van der Straeten "s’agite un petit peu parce que pendant 18 mois elle n’a pas travaillé sur le nucléaire. Résultat des courses : c’est plus compliqué de négocier (avec l’opérateur Engie Electrabel au sujet de la fermeture des centrales, ndlr) aujourd’hui. Il doit y avoir un accord avant que le gouvernement parte en vacances. Si nous n’avons pas de garantie sur le mix énergétique déjà cet hiver pour les hivers prochains, et en particulier l’hiver 2025-2026, qui est celui de tous les dangers puisque techniquement on devrait avoir un arrêt total de nos sept réacteurs nucléaires (même si deux vont pouvoir être prolongés), il y a un vrai risque de black-out, un vrai risque d’augmentation encore du prix de l’énergie. Nous avons des informations qui nous permettent de penser que nous aurons un accord signé avec Engie avant le 21 juillet. On va pouvoir enfin enclencher la vitesse supérieure. Même l’Allemagne est revenue en arrière sur la sortie du nucléaire. La Belgique garde deux réacteurs, mais prolonger deux réacteurs ne sera pas suffisant. Il faut qu’on soit en capacité d’envisager une prolongation plus importante".

Partenariat avec Engie

L’Etat devrait conclure un partenariat avec l’opérateur Engie : "Le fait d’avoir un véhicule juridique commun dans lequel l’Etat serait partie prenante est une bonne chose : cela permet à la Belgique de retrouver la maîtrise sur sa politique énergétique. Dans des secteurs stratégiques il n’est pas anormal que l’Etat puisse diriger".

Georges-Louis Bouchez évoque aussi le coût du démantèlement et de la gestion des déchets des centrales nucléaires : "Tout ce qui concerne le passé est à la charge d’Engie. S’il y a une entreprise commune, c’est uniquement pour l’exploitation des deux réacteurs concernés et l’avenir (entre 2025 et 2035). Tout ce qui est avant 2025 est totalement à la charge d’Engie".

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