Aujourd'hui en Europe: la Commission européenne ne sanctionne pas la Belgique

Le commisaire aux affaires économiques et monétaire, le Finlandais Olli Rehn
29 mai 2013 à 16:34Temps de lecture2 min
Par Grégoire Ryckmans

Elle reconnaît qu'en 2012 l'actuel gouvernement a pris de bonnes mesures pour réduire le déficit budgétaire mais la Commission n'oublie pas qu'en 2010 et 2011 en revanche, la crise politique a bloqué toute réforme structurelle. Et donc en 3 ans, la Belgique n'a pas tenu ses promesses. 

Des promesses non tenues mais pas de sanctions

La Commission explique que les nouvelles règles permettant d'imposer plus facilement des sanctions sont entrées en vigueur fin 2011, ce ne serait ni très juste ni très légal de les appliquer à une faute belge datant de 2010 et 2011.

Et puis politiquement, on voit mal la Commission justifier une application stricte de la règle à la Belgique alors qu'elle donne du mou à une série d'autres pays qui se portent moins bien que la Belgique.

La Commission laisse un peu de répit à la Belgique

Elle donne un répit, mais la Belgique doit remettre tous les 3 mois des rapports, annoncer les mesures qu'elle prend en vue de la concrétisation de ce qui a été annoncé.

Bien sûr, les recommandations de la Commission, sur notamment l'indexation des salaires, le recul de l'âge de la retraite, etc. ne sont que des recommandations, pas des obligations. Mais il s'agit quand même de pressions politiques, et on voit bien que même si tout ce qui était prévu n'est pas respecté depuis 2009, la Belgique a dans les grandes lignes respecté ses engagements budgétaires.

"La Belgique doit certainement faire des efforts et prendre des mesures beaucoup plus concrètes au niveau du structurel"

Roland Gillet, professeur d'économie à la Sorbonne et à l'ULB, insiste sur la nécessité de suivre les recommandations de la Commission : "On voit que de conclave budgétaire en conclave budgétaire, même si la Belgique ne sort pas de la trajectoire budgétaire comme certains pays du Sud, la Belgique doit certainement faire des efforts et prendre des mesures beaucoup plus concrètes au niveau du structurel".

Faudra-t-il encore se serrer davantage la ceinture ?

La Commission s’est montrée tolérante avec les États car elle reconnait que l’austérité a ralenti la croissance économique en Europe : "La Commission reconnait aujourd’hui, tout comme d’ailleurs le FMI, qu’on a peut-être été trop fort au niveau de l’austérité et qu’avec la croissance européenne qui ralentit, il faut sans doute la tempérer".

Mais Roland Gillet ajoute "De l’autre côté il ne faut pas se masquer la réalité et prendre des mesures qui soit de plus en plus structurelles, plutôt que de petites mesurettes à gauche à droite"

Pas de sanctions mais il faut en tirer les conclusions

"Si on était dans une conjoncture qui avait tendance à se redresser et que les efforts ne venaient pas, sanctionner ceux qui sortent des clous aurait un sens. Ici on voit que ce qui amène les déficits c’est le ralentissement de l’activité économique", selon Roland Gillet.

Enfin, l’économiste approuve la décision de la Commission de ne pas prendre de sanctions : "Je pense que prendre des mesures pour la Belgique et pour d’autres pays en les renforçant par une amende n’aurait pas été sain. Mais il faudra quand même derrière en tirer les conclusions".

Anne Blanpain

Sur le même sujet

Olivier Chastel est l'invité de Matin Première

Budget: pas d'amende européenne mais de nouvelles économies exigées

Economie