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Arrêt de travail des services d'aide et de protection de la jeunesse

La porte close du SAJ de Mons
28 janv. 2014 à 16:27Temps de lecture2 min
Par Vincent Clerin

Ses travailleurs sociaux dénoncent un manque de moyens pour prendre en charge les jeunes en difficulté voire en danger, mais aussi un manque de considération de la part de la justice. Une situation déjà problématique pour les enfants et les familles, que la grève ne fait évidemment qu'accentuer.

"Une liste d’attente jusque Juin 2015, je fais quoi moi jusque là" déplore Martine -prénom d’emprunt- déléguée au service de protection de la jeunesse de Mons ; Une interrogation partagée par ses collègues qui décrivent leur travail comme "du bricolage".

Des situations à gérer dans l'urgence

Martine doit en ce moment régler une situation d'urgence: placer une fratrie de sept enfants, retirés de la garde de leurs parents. "C’est une fratrie qui est éclatée dans toute la Belgique et ce n’est pas évident parce que ça date d’avant les Fêtes et je n’en suis pas encore sorti"

Après un an dans le service, cette jeune déléguée se sent déjà à bout. Elle a énormément de dossiers à gérer, de nombreux comptes à rendre mais peu de moyens d'actions "Il y a eu énormément de reproches, poursuit-elle, en me demandant ce que j’avais fait, je ne peux pas me présenter comme la Police, à l’imprévu, je dois donner des convocations et quand j’arrive bien évidemment bien souvent le logement ben il est propre, correct, je ne peux pas investiguer dans le frigo (…) je ne peux pas tout voir non plus".

Des enfants ballottés en permanence

Des travailleurs sociaux souvent mal à l'aise et s'ils s'occupent d'enfants maltraités, ils se sentent eux aussi coupables de maltraitance, de maltraitance institutionnelle, et ce, notamment, faute de place. Dorothée Menozzi, déléguée au SAJ de Mons et déléguée syndicale "Au moment où enfin ils (les enfants ndlr) se posent et commencent à avoir confiance et de nouveau à sentir bien, on reprend ses bagages et on (le) rechange et ça cela peut durer des mois, des mois et des mois" regrette-t-elle.

Et les demandes ne font qu'augmenter. A un point tel que dans les cas les plus urgents, les services pédiatriques des hôpitaux sont les seules structures capables d'accueillir les enfants.

Les SAJ et SPJ de Mons emploient chacun une vingtaine de travaileurs. Tous les SAJ et SPJ de la Fédération Wallonie-Bruxelles recontreront leur ministre de tutelle Evelyne Huytebroeck (Ecolo) le mardi 4 Février prochain. Ils adopteront alors une position en fonction des réponses reçues lors de cette rencontre.

Stéphanie Vandreck, Vincent Clérin

 

 

 

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