Monde

Argentine: un animateur radio misogyne condamné à inviter des féministes

Ángel Pedro Etchecopar dit "Baby" Etchecopar
24 déc. 2018 à 08:28 - mise à jour 24 déc. 2018 à 09:57Temps de lecture1 min
Par RTBF

Il s’appelle Ángel Pedro Etchecopar, mais son nom de scène, c’est "Baby" Etchecopar. L’homme est connu en Argentine pour être l’animateur de l’émission de radio "El Angel del Mediodia" ("L’Ange de midi"), sur les ondes de Radio 10.

Sur antenne, "Baby" Etchecopar n’hésite pas à attaquer de front les femmes et les personnes qu’il considère comme féministes, de manière souvent violente. Il était d'ailleurs inculpé par la justice de son pays pour discrimination et violence de genre, notamment à l'encontre de membres de la société civile et de responsables syndicaux. 

Condamné à inviter celles qu'il déteste

Le 20 décembre, l'animateur controversé a été condamné par la justice argentine. La sanction est originale: Baby Etchecopar devra recevoir des féministes dans son émission. Il sera même obligé de leur céder purement et simplement le micro, dix minutes par semaine, pendant cinq mois, à partir de la rentrée de mars.

Selon le journal argentin Clarín, l'animateur n'aura pas le droit d'interrompre ses invitées, de les critiquer avant ou après leurs interventions. L'espace ainsi "concédé" par la justice sera aussi garanti sans publicité. 

Une sanction pour "améliorer la tolérance" 

La liste des invitées a été établie par la justice, et non par la station de radio ou par Etchecopar lui-même. Pour l'instant, selon Clarín, on retrouve la sociologue Dora Barrancos, l'avocate spécialisée dans les questions de parité hommes-femmes María Raquel Asensio, ou encore Alicia Ruiz, directrice du bureau pour l'égalité des sexes au sein du Tribunal supérieur de la justice. 

Selon le jugement, l'idée est d'approfondir la réflexion autour des questions liées aux violences faites aux femmes et à la discrimination. Le but est aussi de s'interroger sur les comportements stéréotypés, discriminatoires et sur le déni des droits des femmes. "C'est une sanction non punitive, mais qui vise à améliorer la tolérance" explique le procureur Federico Villalba Diaz à Clarín.

Baby Etchecopar devra aussi faire un don de 15 000 pesos (347 euros) à Caritas, une association catholique de charité.