Archives Sonuma (1967/667) - L'air du temps - Remontons à Dada

03 août 2019 à 03:00Temps de lecture1 min
Par rtbf
1967. "Dada n'est rien, rien, rien". Cette définition, pour le moins étonnante, n'est pas sortie de la plume d'un critique d'art courroucé. Elle émane d'un des fondateurs mêmes du mouvement dadaïste, le peintre Francis Picabia. Mais remontons aux origines... Ce soir de février 1916 au café Voltaire à Zurich, dans cette Suisse épargnée par la guerre, il y avait beaucoup de monde, et quel monde ! L'assistance se partageait en nihilistes russes, poètes roumains et allemands, mystiques juifs, et il y avait là aussi un peintre alsacien, Hans Arp - Toutes ces personnes partageaient le même dégoût pour une "civilisation" qui avait conduit l'Europe dans la plus affreuse des guerres. Par dérision, Tristan Tzara piqua au hasard dans le dictionnaire le nom de "dada", "mot enfantin signifiant cheval" et fit de cette appellation le symbole de l'entreprise de contestation la plus radicale qui ait jamais vu le jour dans le domaine de l'art et de la littérature. L'idéologie du mouvement dada fut formulée par Hugo Ball. Elle prônait la spontanéité créatrice en opposition avec l'art fabriqué, et elle encourageait à la destruction du langage, "organe social" qui empêche les expériences plus profondes de la solitude et du détachement. A la même époque, à Paris, Aragon, Soupault, Breton et quelques autres cherchaient de nouvelles formes littéraires. Lorsque Tzara, dont la renommée rayonnait de Zurich, répondit à l''invitation de Picabia et s'installa à Paris, la soudure se fit entre les deux mouvements et Dada se lança dans une nouvelle aventure, qui devait s'achever avec la naissance du surréalisme.

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