Archives Sonuma (1956/501) - Michel de Ghelderode

13 août 2012 à 20:11Temps de lecture2 min
Par rtbf
1957. Rencontre avec Michel de Ghelderode Les fantasmes d'un dramaturge, avec la participation de Ghelderode quelques années avant sa mort. On y voit Ghelderode allumant sa pipe au long tuyau, marchant dans les rues de Bruxelles. On l'entend parler du «secret du grand art, la cruauté ». Bruges est sa ville fétiche, l'ancien port dont la mer s'est retirée et où l'on comprend sans peine, dit-il, que la mort est « le comparse obligé du poète dramatique ». L'écrivain est filmé chez Toone, le fameux marionnettiste bruxellois, qui anime ses figures de bois rien que pour lui... Un théâtre où l'on répète une de ses pièces "Magie rouge" ouvre le film. Une construction en boucle l'amènera à se fermer sur la représentation d'un mystère joué par les marionnettes de Toone. Traversant tout le film, la voix rocailleuse, scandée de Michel de Ghelderode qui parle de la Flandre, du passé, de la solitude, de l'écriture et sa présence émouvante, vieillie, de grand nocturne, perdu dans la fumée de son éternelle pipe. Il s'agit d'un portrait plus que d'une biographie. L'essentiel est là mais en désordre: sa carrière de dramaturge, sa chambre-tannière, repaire d'objets poétiques et magiques, l'évocation de Bruges, source de son inspiration, avec la présence des offices, des tableaux où les peintres disent l'épouvante de la mort, sa vie de " petit fonctionnaire communal" et ses déambulations dans le vieux Bruxelles. Un film d'archives précieux car Ghelderode fuyait la foule et les interviews comme la peste. Ce film a été sélectionné pour le festival de Cannes en 1957 (court-métrage). Michel de Ghelderode (1892 - 1962) Ecrite essentiellement en français, son oeuvre importante (80 pièces, une centaine de contes et de poèmes) est tout entière d'inspiration flamande. Son théâtre est peuplé de bouffons, de prêtres luxurieux, de femmes saisies de fureur érotique. L'homme est toujours victime des illusions, des masques qu'il ne peut s'empêcher de porter. Tous ses écrits ("La balade du grand macchabée", "Mademoiselle Julie", "Hop Signor") sont comme une tentative de consoler le créateur et le dramaturge de n'être vie que pour aller à la tombe. Luc de Heusch Cinéaste, ethnologue et écrivain, né à Bruxelles en 1927. Assistant d'Henri Storck, associé au groupe Cobra, il débute dans le cinéma avec un court métrage symbolique "Perséphone", ramène d'Afrique des films proches de Jean Rouch, tourne en Belgique des documentaires où il fait de l'ethnologie intérieure. Depuis 1960, il poursuit une carrière de professeur d'université entre Paris et Bruxelles et un travail de réalisateur axé, en priorité, sur le film d'art.

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