Après 15 années difficiles, la startup wallonne Nanocyl entrevoit le bout du tunnel

Nanocyl, la start up wallonne qui fabrique des nanotubes de carbone, veut investir 4 millions d'euros à Sambreville
11 déc. 2018 à 16:31 - mise à jour 11 déc. 2018 à 16:31Temps de lecture2 min
Par François Louis

Le fleuron technologique wallon Nanocyl a-t-il fini de manger son pain noir ? La startup wallonne qui fabrique des nanotubes de carbone, veut investir 4 millions d'euros à Sambreville. 

Les performances de l'entreprise, en tout cas, se sont nettement améliorées au cours des trois dernières années. "Les ventes en 2018 ont doublé par rapport à 2015, annonce le président du conseil d'administration Jean Stephenne. Nous espérons atteindre l'équilibre financier l'année prochaine."

La start up a été créée en 2002 à partir de recherches réalisées à l'université de Namur. Elle produit un matériau très sophistiqué, des nanotubes de carbone, dont le diamètre est 100.000 fois plus petit qu'un cheveu. Les clients sont des industriels dans différents secteurs comme l'électronique, le caouctchouc pour les pneus, les batteries et l'automobile.

Mais le succès commercial a mis beaucoup de temps à se dessiner. Et Nanocyl a perdu beaucoup d'argent depuis sa création : environ 30 millions d'euros. "Malgré des ventes en nette augmentation - environ 6,5 millions d'euros cette année -, nous avons encore perdu de l'argent en 2018, reconnaît Jean Stephenne. Nous avons d'ailleurs fait un nouvel appel à nos actionnaires cette année pour injecter du capital dans l'entreprise. Mais ce devrait être la dernière fois. L'année prochaine, selon nos prévisions, Nanocyl sera rentable."

Un nouvel investissement à Sambreville

Mais dans un secteur où la concurrence des pays asiatiques (la Chine et la Corée principalement) va croissant, la start up namuroise ne peut pas se contenter de flirter avec l'équilibre. "Nous avons un nouveau plan de croissance pour les 4 années qui viennent, explique J Stephenne. Cela passe par un investissement de 4 millions d'euros pour doubler la capacité de production de Nanocyl à Sambreville. Nous sommes en discussion avec les banques et les invests publics pour financer ce plan."

Si l'investissement se réalise, ce sera sur le site actuel de Nanocyl à Sambreville. "Notre production dépend d'un gaz produit par Solvay et acheminé par un pipeline qui passe à Sambreville." Actuellement, la start up emploie une petite quarantaine de personnes. L'investissement se traduirait par quelques engagements supplémentaires dans le domaine de la production et pérenniserait le centre de Recherche et développement de l'entreprise à Sambreville.

Articles recommandés pour vous