Apple traite Samsung de "copieur", Samsung parle de simple concurrence

Le logo de Samsung à San Jose, en Californie
30 juil. 2012 à 18:11 - mise à jour 31 juil. 2012 à 05:17Temps de lecture2 min
Par AFP

Me Harold McElhinny a déclaré devant un tribunal fédéral de San José, au coeur de la Silicon Valley, que le géant sud-coréen avait commencé à copier l'iPhone dès la présentation publique de ce dernier, en janvier 2007.

"Au moment où (le co-fondateur d'Apple Steve) Jobs a présenté l'iPhone, il a prévenu ses concurrents qu'il avait déposé des brevets sur plus de 200 inventions (contenues) dans l'iPhone", a affirmé l'avocat.

"Samsung avait le choix. Samsung pouvait concevoir ses propres modèles, il pouvait battre Apple équitablement sur le marché. Ou alors, il pouvait copier Apple... Il est plus facile de copier que d'innover".

M. McElhinny a précisé que Samsung avait copié plusieurs éléments spécifiques, comme un effet de "rebond" dans la fonction de déroulement à l'écran.

"Au plus haut niveau de la direction, Samsung a décidé de copier tous les éléments de l'iPhone", a-t-il ajouté. "Ce n'était pas un hasard. La copie de Samsung était intentionnelle".

Il a assuré que le groupe sud-coréen avait ensuite adapté ses produits, au rythme des changements opérés par Apple sur ses appareils.

"Samsung a opéré plus de 100 changements sur ses téléphones et ses tablettes, pour qu'au final ils soient identiques aux produits Apple", a-t-il dit, au deuxième jour d'un procès qui pourrait durer trois semaines.

Dans son propre argumentaire, l'avocat de Samsung, Charles Verhoeven, a assuré que le géant sud-coréen n'était ni un "copieur" ni un "petit nouveau", mais un acteur technologique majeur qui développe ses propres innovations.

Selon lui, des documents internes d'Apple prouvent que ses créatifs se sont eux aussi inspirés de leurs concurrents, notamment Sony.

"Crise de panique"

L'iPhone a été "une inspiration" pour beaucoup mais il n'y a aucun mal à cela, a déclaré Me Verhoeven. "Est-ce une infraction? Non, c'est la concurrence", a-t-il ajouté.

L'avocat a précisé que les téléphone portables suivent certaines évolutions en fonction de la demande des consommateurs. Ainsi, "tous les fabricants ont adopté des écrans beaucoup plus larges. Personne ne veut voir un film sur un tout petit écran", a-t-il observé.

Juste avant la première plaidoirie d'Apple, la juge Lucy Koh a autorisé l'une des dix jurés à abandonner son poste, pour cause de "crise de panique".

Les deux parties ont accepté de voir le nombre de jurés réduit de 10 à 9, sans incidence sur le procès.

Lundi, un employé d'Apple avait été écarté de la liste des jurés, tout comme un concepteur d'interfaces utilisateurs pour Google, à la suite d'objections de la part des avocats d'Apple.

Google n'est pas directement impliqué dans le dossier mais son système d'exploitation Android est utilisé sur les appareils Samsung et va figurer de manière proéminente dans le dossier.

La juge Lucy Koh a assuré aux jurés qu'il s'agirait d'un "dossier intéressant", mais sans livrer beaucoup de détails.

Apple réclame plus de 2,5 milliards de dollars, accusant son concurrent sud-coréen de copier ses designs et d'autres brevets. De son côté, Samsung accuse l'américain de violer certains de ses propres brevets.

Le procès a pour but de démêler ces accusations croisées.

Les risques sont élevés pour le géant sud-coréen, qui pourrait se voir interdire définitivement de vendre ses appareils aux Etats-Unis. Et s'il lance de nouveaux produits seulement légèrement modifiés, Apple pourrait le poursuivre pour non respect des décisions de la cour.


AFP

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