Dossier

Appetite for Destruction des Guns a 35 ans !

21 juil. 2022 à 05:13Temps de lecture3 min
Par Laurent Rieppi

La fusion de deux groupes

Retour en 1985. A cette époque, Axl Rose et le guitariste Izzy Stradlin évoluent au sein du groupe Hollywood Rose. Ces deux membres vont ensuite s’associer au bassiste Ole Beich, au guitariste Tracii Guns et au batteur Rob Gardner, issu du groupe L.A. Guns pour fonder une nouvelle formation. Le nom de celle-ci est rapidement trouvé, "Hollywood Rose" + "L.A. Guns" devient "Guns N’Roses".

Beich, Guns, et Gardner sont rapidement remplacés par le bassiste Duff McKagan, le guitariste Slash et le batteur Steven Adler. Le groupe est en place et tente de se faire remarquer sur différentes scènes de Los Angeles. Lors d’un de leurs concerts au Troubadour, un club mythique de L.A., Guns N’Roses se fait remarquer par un représentant du label Geffen, Tom Zutaut.

Ce dernier est impressionné par la prestation des Guns. On est alors très loin de ce que beaucoup de groupes proposent à cette époque, on n’est pas dans un trip pop metal "à la Europe" ou encore dans des sonorités "new wave" "à la Duran Duran". Guns s’inscrit directement comme les dignes descendants d’une tradition "Classic Rock", les successeurs de Led Zeppelin, Aerosmith ou encore de Lynyrd Skynyrd.

Slash se souviendra de cette "différence" qu'ils défendaient à l’époque.

 

C’était une superbe époque, on sortait et on faisait ce qu’on voulait. Mais, contrairement à toutes ces stars à grandes perruques roses que l’on retrouvait sur la scène de Sunset Strip, Guns N’Roses s’arrangeait pour traduire cette ambiance sauvage, sexuelle en musique : c’était féroce, du hard rock sexy qui trouvait ses fondements en mélangeant Aerosmith et les Sex Pistols ou encore Lynyrd Skynyrd avec les New York Dolls

 

 

Guns and Roses (1987)
Guns and Roses (1987) WireImage – Paul Natkin – Getty

Un premier EP

Pour tester ses jeunes protégés, Zutaut va décider de sortir assez rapidement un premier EP baptisé "Live ? !*@ Like a Suicide", publié sur UZI Suicide, un sous-label de Geffen.

Faux live dans lequel les Guns reprennent notamment le "Mama Kin" d’Aerosmith, l’EP donne un avant-goût de ce dont est capable la formation de Los Angeles. La suite logique veut que le groupe entre en studio pour enregistrer son premier véritable album. Guns commence à enregistrer au mois de janvier 1987…

Guns N' Roses - Live ?!*@ Like A Suicide - Mama Kin(Aerosmith Cover)

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L’appétit pour Kiss ?

Mais pour réaliser cet album, Guns N’Roses a besoin d’un producteur. Geffen propose alors Paul Stanley, le célèbre chanteur/guitariste de Kiss. Malheureusement pour ce dernier, la situation, en studio, devient rapidement ingérable. Les musiciens n’arrêtent pas de se moquer de Stanley, notamment sur son aspect physique et sur son attitude qu’ils qualifient d'"efféminée".

J’ai toujours trouvé bizarre qu’il pense que j’étais gay ou efféminé, c’était plutôt étrange de la part d’un groupe dont le leader chantait sur scène en portant une jupe en vinyle rouge et du maquillage.

Paul Stanley

Guns N' Roses - Welcome To The Jungle

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Excès en studio

Stanley ne tarde pas à claquer la porte et sera remplacé par le label par un jeune producteur, Mike Clink. Connu alors pour son travail avec UFO et Jefferson Starship, Clink effectuera ici un travail très efficace qui lui permettra de travailler ensuite avec des formations comme Megadeth, Metallica ou encore Whitesnake.

Mais tout n’est pas simple pour la cause. "Supporter" les membres de Guns en studio n’est pas chose facile, ils exagèrent tous avec l’alcool et la drogue (sauf Axl qui est un peu plus modéré que les autres bien qu’il soit reconnu comme un véritable maniacodépressif) et collaborer sur un projet avec eux se révèle parfois être un véritable défi. Vicky Hamilton, un des premiers managers des Guns à l’époque, se souviendra très bien du caractère double du chanteur Axl Rose à l’époque.

Il avait cette personnalité très touchante de petit garçon sage d’un côté et de l’autre côté, il pouvait se transformer en un jeune chien fou revenu tout droit de l’enfer.

Un appétit… sexuel…

Pour ajouter un peu de spontanéité et d’authenticité à l’ensemble, le groupe s’amusera à glisser quelques clins d’œil sur l’album. Comme ces gémissements féminins - que l’on peut entendre sur le titre "Rocket Queen" (d’environ 2.20 à 2.40) - et qui sont en fait extraits d’un enregistrement des frasques sexuelles d’Axel Rose et d’une fille portant le nom d’Adriana Smith, capturés, selon la volonté du chanteur, par l’ingénieur du son Steve Thompson.

Un succès exponentiel

Tom Zutaut avait vu juste. Ce premier album de Guns N’Roses fait l’effet d’une bombe à sa sortie. Même si, à sa sortie, durant l’été 1987 les choses se font progressivement. "Appetite for Destruction" se classe timidement à la 182e place du TOP 200 américain. Puis, suite à la sortie des singles tels que "Welcome To The Jungle", "Paradise City", de très nombreux passages en radio et un rythme de tourné assez intensif, Guns N’Roses se hissera, un an plus tard, en août 1988, au sommet du hit-parade américain. Ce succès ne tarde pas à envahir la planète entière. L’aventure Guns N’Roses est bel et bien lancée…

Guns N' Roses - Paradise City

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