Amiante: l'inspection du travail en visite à l'ULB à la demande des syndicats

Une visite de l'inspection du travail concernant l'amiante a eu lieu à l'ULB
18 sept. 2014 à 14:52 - mise à jour 18 sept. 2014 à 17:02Temps de lecture3 min
Par Pascale Bollekens

Ce jeudi, nous nous sommes invités à la visite d'une inspectrice du travail, centrée autour de l'amiante, dans les locaux de l'université. La rencontre entre les syndicats, les responsables du "dossier amiante" de l'ULB et l'inspecteur du travail avait lieu au campus de Solbosh, devant le bâtiment D.

Sur la façade, les plaques contenant de l'amiante se dégradent à vue d’œil, tout comme les châssis. Olivier Cornélis, délégué de la CGSP à l'ULB, nous explique que la firme qui avait commencé à changer les châssis, a arrêté le chantier dès qu'elle s'est rendue compte de la présence d'amiante, depuis ils ont été remis en place et ils tiennent avec des cales de bois. Et selon les syndicats, cet endroit n'est pas le seul "à problèmes". C'est pourquoi ils ont demandé la visite d'un inspecteur du travail spécialisé dans la gestion de l'amiante.

L'accueil est laconique. Il faut dire que nous ne sommes pas franchement invités à cette inspection, et le sujet est délicat pour l'université bruxelloise. Mais après discussion avec son service communication, l'ULB décide finalement de jouer la transparence. L'université nous donne le feu vert pour suivre la visite.

7000 endroits contiennent de l'amiante sur le campus

D'emblée, le responsable des bâtiments reconnaît l'ampleur de la tâche. Il nous explique que les campus de l'ULB représentent près 450 000 mètres carrés, et que beaucoup de bâtiments datent de l'époque où l'on mettait de l'amiante un peu partout. Il y aurait selon lui, pas moins de 7000 endroits où l'amiante est présent.

Nous nous rendons dans l'un de ces endroits, le bureau d'un des délégués syndicaux au 9ème étage du bâtiment D. Les joints amiantés des fenêtres y ont été, sommairement, recouverts d'un enduit.

L'inspectrice du travail demande quelques explications: "Est-ce l'endroit le plus dégradé?"

"Non", répond Olivier Cornélis: "C'est comme cela un peu partout!"

"Et les gens, continuent-ils à y travailler?", demande alors l'inspectrice. Réponse affirmative du délégué syndical.

La visite se poursuit dans un autre bâtiment. Les syndicats montrent à l'inspectrice une tuyauterie protégée par de l'amiante. Celle-ci a fuité avant d'avoir été provisoirement réparée. Apparemment, nous nous trouvons dans une cage d'escalier très fréquentée par les étudiants.

Quelques mètres plus loin, dans un des couloirs qui donne accès aux auditoires, c'est une autre gaine de chauffage qui a subi des dégâts: les protections en amiante se sont déchirées, et pendant plusieurs semaines, on a récolté ce qui tombait dans un simple seau. Aujourd'hui, en attendant le désamiantage et la réparation définitive, la tuyauterie a été emballée.

Dangereux pour la santé? Des mesures de l'air devront le dire

L'inspectrice pose de nombreuses questions, elles lui permettront d'évaluer les mesures à prendre. D'ici là, rien ne permet de dire si l'amiante mis à nu qui a été repéré à certains endroits est dangereux ou non pour la santé.

Michel Craps, le conseiller en prévention chargé de l'amiante à l'ULB, rassure: "Nous allons, à la demande de l'inspection d'ailleurs, procéder à des mesures d'air, mais il ne faut pas s'inquiéter".

Le fond du problème est ailleurs. Le désamiantage coûte cher et le budget annuel de l'université pour gérer l'amiante reste, lui, très serré.

Michel Craps affirme que les 300 000 euros annuels dédiés à l'ULB pour gérer l'amiante devraient être, pour bien faire, multipliés par trois. Même si les inventaires amiante sont en ordre, l'ULB doit, dans ce domaine aussi, "faire avec les moyens du bord".

Olivier Cornélis, le délégué de la CGSP à l'ULB, nous raconte que lors d'un conseil d'entreprise, la direction a parlé de 2042 pour la fin des travaux de désamiantage dans cette université bruxelloise.

Les résultats de l'inspection du jour et les mesures à prendre sont attendues pour dans les prochains jours. 

Pascale Bollekens

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