Belgique

Abdeslam: le Comité P poursuit ses auditions liées aux informations recueillies durant l'Eté 2014

Salah Abdeslam : le Comité "P" poursuit ses auditions à propos des informations recueillies durant l'Eté 2014

Les enquêteurs du Comité P, la police des polices, ont rencontré les parlementaires de la Commission spéciale du suivi des Comités P et R.  Au centre des débats, la délicate question de la ligne du temps qui a précédé les attentats du 13 novembre 2015 à Paris.

Durant trois heures, les membres de la Commission ont posé des questions sur base du rapport intermédiaire rédigé par les enquêteurs du Comité P. Sur base de ce rapport, les premiers devoirs d'enquête sur les frères Abdeslam remontent à fin janvier 2015, mais des articles de presse ont fait état d'un autre "agenda" qui fait remonter les premières informations à l'Eté 2014. Plus précisément durant la nuit du 10 au 11 juillet, le moment où un "informateur" aurait alors informé un officier de police de la volonté d'Abdelhamid Abaaoud de recruter des jeunes pour commettre un attentat. Deux frères auraient été signalés par l'informateur et puis identifiés par la police, il s'agissait de Salah et Brahim Abdeslam.

Rien sur cette information de juillet 2014  ne figure dans le rapport du Comité P

L'explication serait que les auditions concernant cet agenda "bis" ne seraient pas terminées. Ce témoignage n'a donc pas été écarté.  Le Comité P se prononcera à ce sujet dans six semaines. Mais le Comité a confirmé que les vérifications effectuées sur les appels téléphoniques donné par le policier à son supérieur pour l'informer à propos des renseignements recueillis ont bien été donnés aux heures indiquées.

La multiplication de banques de données informatiques au sein des différents services de police 

Les membres du Comité P en sollicitant les différents services se sont rendus compte que la banque commune (BNG) des services de police était peu alimentée en informations pertinentes et à jour.  La raison en est que les services concernés préfèrent alimenter leur propre banque de données afin d'en conserver le contrôle exclusif et mieux maîtriser la saisie des données à partir de leur réalité locale.  Une initiative qui part d'une intention souvent fonctionnelle mais qui contribue à rendre plus aléatoire les échanges de données entre services qui ne travaillent pas tous sur les mêmes paramètres. Une situation dommageable dans la lutte anti-terroriste où l'ennemi utilise la dissimulation pour se déplacer et agir.

L'utilisation de noms de guerre, de pseudos et d'alias

Si l'on sait que les auteurs des attentats de Paris utilisaient comme tous les djihadistes de multiples noms pour communiquer, le risque d'erreur dans le suivi est plus grand si les informations ne sont pas encodées dans une même banque de données.   A cela s'ajoute un manque de personnel qualifié pour gérer efficacement des flux d'informations en accroissement constant. Le Comité P a aussi constaté qu'un service central dans la lutte anti-terroriste a été privé durant plusieurs mois, en 2014-2015, d'une partie de ses ressources informatiques, ce qui a diminué la capacité d'appui de ce service central à fournir des informations aux autres services de police.

Abdeslam : les manquements de l'enquête

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement