Regions

A vélo, c'était une autre manière de participer à la grève (reportage)

Tournée des piquets à vélo, une autre manière de faire la grève
15 déc. 2014 à 18:45 - mise à jour 16 déc. 2014 à 08:08Temps de lecture2 min
Par RTBF

Il fait encore sombre lorsque Jan Busselen, l'un des organisateurs de cette action, s'adresse à ceux qui ont répondu à l'appel de "Hart Boven Hard" et de son pendant francophone "Tout autre chose". Derrière ces noms, deux mouvements citoyens et associatifs qui visent à lutter contre les mesures d'austérité et à proposer des alternatives.

Étudiants, pensionnés, artistes, familles… Bon nombre des cyclistes-grévistes du jour ne sont pas syndiqués, mais ont souhaité témoigner de leur soutien aux grévistes "traditionnels" qui ont mis en place des piquets devant leurs entreprises.

Le départ est finalement donné. Premier arrêt : le dépôt de la STIB. Le personnel a débrayé ce lundi et est étonné de voir surgir autant de bicyclettes au tournant. La rencontre est cordiale et cette preuve de solidarité sur deux roues est plus qu'appréciée.

Le cortège grossit au fil de la matinée. Vers 11 heures, ils sont, selon les organisateurs, plus de 500 à avoir enfourché leur vélo pour se joindre au mouvement. Une action dont Jan Busselen est à l'initiative avec "Hart Boven Hard" et qu'il nous commente :

Le convoi atteint la Gare du Midi où un important piquet de grève est installé. Le personnel syndiqué y est installé en front commun et accueille chaleureusement les cyclistes. Petits encas et cafés leur sont offerts, on échange ses idées, on se dit solidaire les uns et des autres, et des discours s'improvisent autour d'un feu de palettes bien réconfortant en ce début de journée pluvieux dans la capitale.

Ghislain Mignon, délégué CGSP Bruxelles, et Xavier Martin, permanent régional CSC Transport, se disent tous deux surpris, mais ravis de cette présence citoyenne qu'ils jugent d'ailleurs révélatrice de l'ampleur de la mobilisation face aux mesures du gouvernement.

Justement, au sein de ces citoyens mobilisés sur deux roues ce lundi, on retrouve des personnes de tout horizon. Parmi ceux que nous avons rencontrés, Ismaïl Khajjou, bénévole de 19 ans dans la Maison des Jeunes "Chicago – D'Broej" dans le centre de Bruxelles, et son collègue Pablo De La Rasilla, animateur de 29 ans, ont participé à la tournée des piquets de grève dès 6 heures du matin. Ils ont ensuite apporté un peu de réconfort en préparant et distribuant de petites collations aux autres cyclistes.

Michel Staszewski est lui professeur d'histoire à l'Athénée royal de Jette. Il est syndiqué auprès de la FGTB et a rejoint, comme d'autres, le cortège en cours de route. Bien plus tôt dans la matinée, il était présent à un piquet de grève, mais a été séduit par l'initiative qui était par ailleurs l'occasion de sortir son vélo.

La tournée se termine peu à peu. L'action de "Tout autre chose" et "Hart Boven Hart" passe encore par la rue Neuve saluer les quelques employés à l'arrêt devant les grands magasins, par la Tour des Finances, un call center et la Banque nationale de Belgique. Et à chaque fois, les réactions sont positives.

La journée s'est clôturée par un grand rassemblement dans une salle bruxelloise avec environ 600 personnes, selon le mouvement "Tout autre chose" qui se félicite de ce succès.

T.M. (@thomasmignon)

Sur le même sujet

La SNCB ne donnera pas de compensation pour la grève nationale

Economie

Syndicats et employeurs reçus par Kris Peeters: on temporise

Economie

Articles recommandés pour vous