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À quoi servent ces câbles noirs en travers de nos routes ?

24 mai 2022 à 07:57 - mise à jour 02 juil. 2022 à 12:12Temps de lecture3 min
Par Julien Malpas

Cet article a été publié une première fois le 24 mai. Il a été remis en avant suite à des questions de nos internautes face à des câbles récemment apparus sur de nouvelles routes


 

Peu importe d’où vous venez, si vous roulez en voiture, vous avez sûrement déjà croisé ces câbles noirs en travers de certaines routes. À Charleroi, depuis quelque temps, leur nombre s’est démultiplié. Mais au fond, à quoi servent-ils ?

Ces câbles permettent de mesurer le trafic. Ils peuvent compter le nombre de voitures, mais aussi le type de véhicule : voiture ou poids lourd. Ces appareils sont placés régulièrement par les équipes du SPW.

Mais en ce moment, à Charleroi, ils sont bien plus présents que d’habitude, car ils sont utilisés dans la phase préparatoire du plan de Mobilité de Charleroi Métropole, lancé à la fin du mois de février dernier.

Les chiffres récoltés seront tout d’abord comparés avec les données de " mobilophonie " : des données transmises par les opérateurs de téléphones ou de GPS, et qui permettent de donner une première image du trafic en temps réel sur l’ensemble des voiries. Les chiffres récoltés par ces câbles routiers permettront donc de valider, sur une plus longue période, les données mobiles " instantanées ".

Un plan de mobilité pour prendre des mesures concrètes

Les données sont alors analysées par un consortium de bureaux d’études emmené par Deloitte et réunissant Traject, Neolia, Espace Environnement, Pissart et Réservoir A. Des mesures seront alors proposées aux pouvoirs politiques, qui décideront s’il faut, ou non, les mettre en œuvre.

Selon l’échevin de la mobilité de Charleroi, Xavier Desguin (Ecolo) : " il s’agit de mesures plutôt larges. Comme le développement des transports en commun, le renforcement des lignes de chemin de fer, la localisation de pôles d’intermodalité, la réduction de voiries à certains endroits, création de nouveaux tronçons routiers, … Il y a vraiment une large palette de mesures qui sont disponibles, mais je ne vais pas anticiper sur le travail des bureaux d’études ".

Parmi les objectifs de ce plan de mobilité :

  • Organiser les éléments structurants des déplacements et de l’accessibilité aux lieux de vie et d’activités à l’échelle du bassin de vie.
  • Orienter un développement territorial cohérent en matière de mobilité.
  • Contribuer à développer une mobilité optimale pour toute personne, à soutenir l’activité économique et la relocalisation de certains secteurs.
  • Formuler des propositions à déployer dans un plan de réorganisation à cinq, dix ans et trente ans.
  • Coordonner tous les acteurs concernés par la problématique de la mobilité.

Mais il doit aussi permettre de contribuer à la sauvegarde de la biodiversité et à la réduction des émissions de gaz à effet de serre à Charleroi. " Un des objectifs, c’est de réduire la part de la voiture dans les déplacements, et d’augmenter la part des modes de déplacements moins polluants. Il ne faut pas oublier qu’il y a 11.000 personnes qui meurent chaque année prématurément à cause de la pollution de l’air, et que la voiture est la principale responsable de cette pollution ", ajoute l’échevin.

Le plan de mobilité devrait s’achever au début d’année 2024, et disposer d’un budget estimé à 1,2 million d’euros.

Un appel à volontaires pour héberger des mini-caméras

En plus de ces câbles, d’autres appareils permettent de mesurer le trafic. Par exemple des mini-caméras. C’est d’ailleurs ce type d’appareil de mesure qui est actuellement au centre de l’appel à volontaires " Telraam Charleroi Métropole ". Une initiative lancée par l’AwAC (Agence wallonne de l’air et du climat), en partenariat avec Charleroi Métropole et l’ASBL MOBILESEM.

L’appel concerne les habitants de 11 communes : Charleroi, Momignies, Beaumont, Lobbes, Chimay, Erquelinnes, Thuin, Sivry-Rance, Merbes-le-Château, Fontaine-l’Evêque, et Montigny-le-Tilleul. Ils sont invités à installer une mini-caméra à leur fenêtre, pour peu qu’elle donne sur une route fréquentée. L’appareil enregistrera la vitesse, et contrairement aux câbles routiers qui ne concernent que les véhicules, ces caméras analyseront aussi la circulation des piétons et des cyclistes.

Comme le précise Xavier Desguin : " Toutes ces données récoltées seront anonymes. Elles nous permettront de déterminer quel type d’infrastructure installer pour que chacun puisse circuler en bonne harmonie avec les autres. Mais aussi parfois de mettre en place des mesures d’apaisement de la circulation ".

À noter que la police peut également, sur demande de riverains, installer des analyseurs de trafic. Des appareils qui enregistrent les vitesses moyennes et maximums de la circulation, sans flash et sans verbalisation. Mais l’échevin précise tout de même : " Si on constate que, par exemple, plus de 25% du trafic est en excès de vitesse, alors on peut décider d’installer des ralentisseurs de trafic, des chicanes, des panneaux de prévention, … Et si malgré ces mesures ce n’est pas suffisant, alors la police dispose aussi de radars répressifs. ".

Toutes les informations, et le lien d’inscription de cet appel à volontaires sont à retrouver sur le site de Charleroi Métrolopole.

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