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À quelque 200 km de la Belgique, près de Bure, plus d’un millier de militants organisent un festival contre le stockage des déchets nucléaires

Le festival "Bure’lesques" est décrit comme un festival de résistance au projet d’enfouissement des déchets nucléaires de haute activité CIGEO à Bure, à Hevilliers, dans l’est de la France, le 6 août 2022.
06 août 2022 à 16:36Temps de lecture2 min
Par AFP, édité par Marie-Laure Mathot

La déclaration d’utilité publique (DUP) a été signée le 8 juillet mais les opposants au projet d’enfouissement de déchets nucléaires hautement radioactifs à Bure (Meuse) ne désarment pas : depuis vendredi et tout au long du week-end, ils sont plus d’un millier réunis pour un "festival" coloré, "Les Bure’lesques".

Cela fait 30 ans qu’on lutte

"On continue, cela fait 30 ans qu’on lutte, ce n’est qu’une étape de plus", claironne Régine Millarakis, 71 ans, du collectif "Bure Stop 55", dans les allées de cette mobilisation militante, à Hévilliers (Meuse).

Pour Juliette Geoffroy, porte-parole du Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs (Cedra), cette DUP représente même "un tremplin" pour remobiliser les opposants.

Quelque 31 associations et collectifs comptent d’ailleurs déposer "début septembre" un recours devant le Conseil d’Etat, selon Angélique Huguin, du "Front Juridique contre Cigéo" qui rassemble militants, avocats et juristes.

Des militants du festival des "Bure’lesques" contre le projet de stockage de déchets nucléaires hautement radioactifs, Cigeo, à Bure (Meuse), le 6 août 2022 à Hévilliers (Meuse)
Des chapiteaux du festival des "Bure’lesques", réunion militante contre le projet de stockage de déchets nucléaires hautement radioactifs, Cigeo, à Bure (Meuse), le 6 août 2022 à Hévilliers (Meuse)
Des militants du festival des "Bure’lesques" contre le projet de stockage de déchets nucléaires hautement radioactifs, Cigeo, à Bure (Meuse) assistent à une conférence le 6 août 2022 à Hévilliers (Meuse).

Sobrement baptisé Centre industriel de stockage géologique (Cigéo), le projet vise à enfouir quelque 85.000 m3 de déchets -les plus radioactifs du parc nucléaire français- à 500 mètres sous terre aux confins de la Meuse et de la Haute-Marne.

L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) qui pilote ce projet espère y entreposer les premiers "colis" de déchets nucléaires d’ici à 2035-2040.

Et la DUP ouvre la voie à l’expropriation par l’Andra des terrains privés nécessaires à la réalisation de ce projet.

Quelque 1500 personnes, selon les organisateurs, étaient ainsi rassemblées samedi sous six chapiteaux de cirque pour la troisième édition de ces "Bure’lesques", après deux ans d’interruption pour cause de pandémie de Covid.

Rien lâcher

Sur un champ vallonné prêté par des agriculteurs, l’ambiance est à la fête et aux échanges entre militants de tous âges, venus des quatre coins du pays. Au programme : concerts, conférences et projections de documentaires mais aussi la cantine, végan, qui sert des produits bios et locaux.

"Projet Cigéo, on en est où ?", "L’eau et le projet d’enfouissement des déchets nucléaires"… Militants de longue date, habitants des villages environnants et experts scientifiques se succèdent au micro pour débattre des tenants et aboutissants de Cigéo.

L’objectif : informer la population sur les "insuffisances" du projet, selon Régine Millarakis.

Autour des tables du réfectoire en plein air, une chorale entame a capella des chants militants, quand d’autres participants poursuivent leurs débats.

A 23 ans, Lucie Dubois, étudiante en architecture à Strasbourg, vient pour la première fois. Elle apprécie de rencontrer des "personnes qui luttent depuis des années" et lui "inspirent du respect".

Pour la jeune militante, "tant qu’il n’y a pas de déchets à Bure, il faut continuer à se mobiliser".

"J’ai vu que les gens étaient motivés et n’allaient rien lâcher", s’enthousiasme à ses côtés Julien Party, 36 ans, qui découvre lui aussi ce "festival" qui se déroule dans une ambiance bonne enfant, loin des batailles rangées qui avaient opposé militants radicaux et forces de l’ordre il y a quelques années à Bure.

Un "festival" qui permet de "toucher plus de gens" que des manifestations et "redonne de l’énergie" aux militants, se félicite Johan Hervelin, l’un des organisateurs. "Les gens du coin viennent car ils s’y sentent à l’aise".

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