Belgique

43,5% des femmes ont mal vécu leurs premières règles : "Sang rougir", une campagne pour briser les tabous autour de la menstruation

Briser les tabous autour de la menstruation, c’est l’objectif d’une campagne que vient de lancer la Fédération des Centres de Planning familial des Femmes Prévoyantes Socialistes (FCPF-FPS) : "Sang rougir !".

Il faut dire que le sujet est encore assez tabou alors que cela touche plus de la moitié de la population et que les règles occupent chez ces personnes une grande partie de leur vie : entre 250 et 450 cycles menstruels, soit une durée d’un peu plus de 6 ans passés en période de menstruations.

La honte d’avoir ses règles

Or, selon un appel à témoignages lancé en ligne par la FCPF-FPS dans le cadre de cette campagne, 51,2% des personnes ayant répondu au sondage estiment ne pas avoir été suffisamment renseignées sur le sujet avant d’avoir eu leurs premières règles et 43,5% disent les voir mal vécues.

A cela s’ajoute, la honte encore persistante d’avoir ses règles, ajoute Alice Gaspar, l’une des responsables de cette campagne : "Une étude a été réalisée récemment auprès de jeunes filles françaises âgées entre 13 et 25 ans, et la moitié d’entre elles avait encore honte d’avoir leur règle".

Le problème, selon elle, vient du côté tabou longtemps véhiculé dans notre société : "Que ce soit le corps des femmes ou leur fonctionnement, cela a longtemps été caché dans la société. Et donc je crois que c’est ça aussi qui est très très compliqué, de le remettre au goût du jour et de se dire qu’en fait c’est juste un fonctionnement naturel de notre corps".

On l’a vu récemment avec ces joueuses de foot anglaises qui ont interpellé leur équipementier, Nike, en lui demandant de ne plus leur fournir de shorts blancs, une couleur qui laisse apparaître trop facilement les taches visibles liées à leurs règles.

Plusieurs joueuses de tennis comme, Monica Puig, ont également relevé le problème à Wimbledon où la tenue blanche est également exigée pour les joueuses qui entrent sur le court.

L’importance de libérer la parole

D’où l’importance de donner l’accès à l’information (dès le plus jeune âge) sans devoir la chercher et en discuter pour essayer de libérer la parole : "Ce sont des sujets qui ne sont pas forcément discutés dans les familles ou mal discutés. Et donc, c’est très important d’avoir des informations claires et faciles d’accès pour tout le monde", explique Alice Gaspar.

Comme il est tout aussi important, selon elle, "de mettre en évidence ces produits menstruels pour ne pas devoir cacher ses tampons quand on doit aller aux toilettes et que cette problématique soit prise en compte".

Et d’ajouter qu'"il y a autant de règles que de personnes menstruées. Chacun le vit différemment et je crois que c’est aussi important de se dire qu’il y a des gens qui ont des règles pas du tout problématiques et que cela n’influence pas du tout leur vie ; il y a aussi énormément de personnes qui régissent leur vie sociale, leur vie professionnelle, autour de leurs règles".

 

Des BD explicatives et des soirées d’échanges

Pour aider ces personnes à mieux vivre leurs menstruations, cette campagne mise sur une série de doubles planches de BD explicatives qui seront diffusées jusqu’à la fin de l’été sur le site web de la FCPF-FPS, sa page Facebook et son compte Instagram.

Ces planches seront ensuite regroupées dans un livret qui sera disponible dès le mois d’octobre en format PDF sur le site internet de la FCPF-FPS.

Des soirées d’échanges et une campagne d’affichage dans les gares sont également prévues en octobre et novembre.

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