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25 décembre 1991, il y a 30 ans tombait l’URSS

Le président soviétique Mikhaïl Gorbatchev a l'air abattu alors qu'il s'adresse à la nation pour annoncer sa démission sur une image télévisée prise à Moscou le 25 décembre 1991. Gorbatchev a ainsi mis fin à près de sept ans de pouvoir et a marqué la fin
25 déc. 2021 à 05:00 - mise à jour 25 déc. 2021 à 15:50Temps de lecture2 min
Par Catherine Tonero avec Jean-François Herbecq

L'Union soviétique disparaissait il y a tout juste 30 ans. Le 25 décembre 1991, Mikhaïl Gorbatchev démissionnait de la présidence de l'URSS. Le lendemain, le Soviet Suprême votait la fin de son existence. Retour sur ce grand tournant de l'histoire.

Contexte

En 1991, l'URSS est à bout de souffle. L'Europe de l'Est s'est libérée, Moscou perd le contrôle des pays baltes et le Caucase s'embrase. Le 19 août, les communistes conservateurs tentent un coup d'Etat avec l'armée pour sauver l'Union soviétique. Le putsch échoue mais tout au long du dernier trimestre de 1991, les républiques quittent tour à tour l'Union soviétique. C'est l'effondrement.

Les indépendances s'enchaînent : les pays baltes, l'Asie centrale, le Caucase, l'Ukraine, la Biélorussie, la Moldavie... La Russie aussi, si bien qu'à la fin, il ne reste plus que le Kazakhstan, pendant 4 jours à la mi-décembre. Et puis plus rien. Le 25 décembre, le président de cette coquille vide fait le constat qui s'impose. Mikhaïl Gorbatchev démissionne.

Libération de la parole Vs héritage impérial

" Il a essayé de sauver l’Union soviétique, en organisant toute une série de réformes économiques et politiques, mais aussi une réforme sur les relations entre les républiques soviétiques ", explique Aude Merlin, spécialiste de la Russie et du Caucase (ULB), " il a essayé tout en libéralisant la parole, en laissant s’exprimer les revendications de souveraineté qui ont donné lieu à des revendications d’indépendance ".


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" Ce qu’il n’a pas pu maîtriser, poursuit-elle, c’est ce qui – derrière cet habit soviétique – relevait d’un héritage impérial. C’était très difficile de tenir les deux bouts d’un projet commun qui rassemblerait les républiques souhaitant rester ensemble et la libération de la parole et donc du regard sur l’histoire. Ce n’était pas viable et c’est ce qui fait que ça a craqué de toutes parts ".

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Mikhaïl Gorbatchev, le fossoyeur de l’URSS ?

En Russie, beaucoup ont considéré Mikhaïl Gorbatchev comme le responsable de la dissolution de l'Union soviétique, mais ce n'était pas du tout son but, explique encore Aude Merlin :

" Après le mois d’août 1991, les éléments se sont accélérés jusqu’à la fin de l’année : déclarations en chaîne d’indépendance des différentes républiques de l’Union, et puis le 8 décembre en Biélorussie, la rencontre " clandestine " entre les trois chefs d’Etat russe, biélorusse et ukrainien qui ont signé la déclaration de Belovej, près de Minsk. Après une nuit de palabre, ils y ont stipulé que l’Union soviétique était cliniquement morte, et que leur réunion donnait naissant à ce qu’ils ont appelé une " Amicale des Etats indépendants ". Et le 25 décembre, Mikhaïl Gorbatchev a dû reconnaître cet état de fait et le drapeau russe a remplacé le drapeau soviétique ".

Mikhaïl Gorbatchev a donc sincèrement voulu démocratiser et rénover l'Union soviétique, tout en restant fidèle aux idéaux de la révolution de 1917, un défi impossible.

Une communauté d'Etats indépendants s’installe finalement sur les ruines de l'Union soviétique. C'est la fin de la guerre froide et d'un monde bipolaire. Mais les conséquences – transitions démocratiques et conflits armés – se font toujours sentir aujourd'hui dans le monde.

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